Histoires d’utérus #1 : Quelques ressources pour comprendre les règles

Bonjour à tou-te-s,

J’espère que vous allez bien, parce que moi je suis ravie de vous retrouver pour une série d’articles que j’avais hâte d’inaugurer! Alors soyez les bienvenu-e-s dans … « Histoires d’utérus »! Ici on parlera de contraception(s), de menstruations, d’acceptation de son corps et d’autres choses encore! Si vous voulez participer en nous envoyant un texte, je vous remets notre adresse mail en bas de page (vous pouvez également nous contacter via notre page Facebook dont vous trouverez le lien en page d’accueil).

Je trouve que tout ce qui concerne les règles, la santé de l’utérus, etc. est vraiment intéressant mais on en parle encore trop peu. Alors je suis particulièrement heureuse d’ajouter aujourd’hui ma petite pierre à l’édifice de la « révolution menstruelle », afin d’en finir avec les effets néfastes du patriarcat sur le corps des femmes et des personnes assignées femmes.

Et comme ce mois-ci a été particulièrement riche en terme de lectures féministes, j’ai décidé de vous introduire cette catégorie d’articles par le partage de deux livres que j’ai beaucoup aimés et qui traitent des règles.

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(J’admets que niveau photo, on est pas sur de la très grande qualité.)

Le grand mystère des règles, pour en finir avec un tabou vieux comme le monde de Jack Parker et

Au cours de l’année passée, j’ai été amenée à faire un exposé sur les règles en temps que problématique féministe, et je me souviens que le livre de Jack Parker qui venait d’être publié nous avait servi, à mes camarades de travail et à moi, de support. Mais je n’avais pas pris le temps de le lire en entier. Alors il y a quelques mois, quand j’ai vu dans ma librairie que Le grand mystère des règles était paru en poche (ce qui est vraiment intéressant d’un point-de-vue du prix), je n’ai pas hésité à l’acheter. Je l’ai posé sur ma pile de livres à lire (ou plutôt sur mon étagère de livres à lire), et ce n’est que pendant ce mois de novembre que je me suis décidée à le commencer.

Il se lit facilement et rapidement et il est illustré par de très beaux dessins. L’autrice l’a divisé en deux parties distinctes ; la première traite des questions pratiques liées aux menstruations (quelles protections utiliser pendant ses règles, comment soulager les douleurs et les crampes, peut-on avoir des rapports sexuel durant cette période-là, etc.) et la seconde porte davantage sur la théorie l’analyse féministe de la question.

Jack Parker introduit son livre en parlant de ses premières règles qui sont arrivées tard et de son questionnement autour de sa féminité, ce qui, je pense, parle à beaucoup de personnes qui ont été réglées assez tard. Elle nous livre quelques-unes des expériences perçues comme honteuses qu’elle a vécues, ainsi que son cheminement vers l’activisme menstruel (So badass!). J’ai vraiment apprécié cette introduction, parce qu’elle banalise ce qui semble être extraordinaire et devrait être caché.

On entre dans le premier chapitre du livre avec une explication scientifique du cycle menstruel, ce qui est vraiment agréable, parce que c’est finalement le côté des règles que l’on aborde le moins souvent, alors que c’est quand même la base. Elle insere un petit lexique pour permettre à la lectrice ou au lecteur de comprendre précisément ce dont on parle, et même si personnellement j’aime bien les métaphores poétiques pour parler des règles (les lunes ou les fleurs, par exemple), ça fait quand même du bien de lire quelqu’un qui en parle (enfin, qui écrit dessus, tu m’auras comprise) en des termes scientifiques. Parce que soyons honnêtes, si certaines personnes donnent aux règles un joli petit surnom, c’est peut-être pour les présenter comme quelque chose de positif, mais la plupart du temps c’est clairement pour ne pas prononcer le nom de cette chose terriblement repoussante (les règles aka Celles-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom). Parce qu’il s’agit avant tout d’un processus naturel qui n’est ni positif, ni négatif (même si se le réapproprier comme quelque chose de positif peut-être une manière d’inverser le stigmate).

Jack Parker nous livre ensuite une petite liste de « Ce que j’aurais aimé savoir sur les règles avant des les avoir », avec au programme entre autres « De l’art de repeindre les toilettes », « Les caissiers s’en foutent », « Le marécage inter-fessier » ou « Les tampons éjectables ». J’imagine qu’en lisant juste les intitulés, toutes les personnes réglées savent à quoi ils font référence et l’écrivaine parvient ainsi à défaire la gêne que l’on peut ressentir vis-à-vis des plus ou moins petits désagréments des règles.

Le reste de la première partie offre un aperçu quasiment exhaustif des différentes protections périodiques, en pesant les avantages et les inconvénients de chacune, ainsi des conseils, alimentaires notamment, pour minimiser les douleurs et les crampes menstruelles (elle insiste également dans son livre qu’il n’est pas normal de souffrir pendant ses règles, et il me semblait important de le rappeler ici). Elle explique également que chaque personne a un cycle différent, ainsi que diverses manières de le vivre.

Ce qui est vraiment bien dans cette première partie, c’est que Jack Parker n’émet aucun jugement, elle cherche au contraire à décomplexer les personnes réglées sur le sujet. Elle écrit par exemple que les tampons, et en particulier les tampons « conventionnels » peuvent être dangereux pour la santé, et que chacun-e devrait être au courant des risques qu’iel encourt en utilisant les tampons qui sont souvent présentés, avec les serviettes jetables, comme la seule protection. Mais elle ajoute à cela que chacun-e doit être libre de ses choix, particulièrement quand il s’agit de son corps, et qu’il serait très malvenu de dire à quelqu’un-e que ce qu’iel utilise les mauvaises choses. Les premiers chapitres du livres sont purement informatifs et c’est vraiment le genre de choses que j’aurais aimé lire il y a quelques années.

La deuxième partie de l’ouvrage se concentre davantage sur le traitement médiatique et culturel des règles à travers les siècles et les époques. Je dois admettre que les derniers chapitres m’ont un peu laissée sur ma faim. Mais je comprends aussi que l’intérêt du livre est qu’il condense la plupart des sujets liés aux règles, sans nécessairement vouloir les traiter de fonds en combles, et qu’il sert davantage à ouvrir des portes de réflexions à la lectrice ou au lecteur. Elle inspecte à travers ces lignes l’instrumentalisation des règles qui a été et qui est toujours faite afin de dominer les femmes, ou de justifier leur domination (#T’asTesRèglesOuQuoi). Le passage que j’ai préféré dans cette partie-là du livre, c’est celui où elle expose différentes oeuvres d’art qui ont été réalisées à partir de sang menstruel, que ce soit en l’utilisant comme peinture ou en le photographiant. Je trouve que l’idée de peindre une toile avec le sang récupéré dans sa coupe menstruelle est terriblement révolutionnaire (dommage que je ne sache pas peindre). La présentation qui est faite de cet art menstruel m’a permis de découvrir plein de choses géniales, et je pense d’ailleurs écrire un article consacré à ça.

Jack Parker conclut en invitant les lectrices et lecteurs à parler des règles et à s’interroger sur leurs propres barrières mentales, pour détruire ce tabou « vieux comme le monde », car « Il est temps de traiter les règles – et surtout les personnes qui les ont – avec le respect qu’elles méritent ».

Même si je mettrais un petit bémol sur le style d’écriture qui, à titre personnel ne m’a pas emballée, j’ai vraiment aimé ce livre, et je pense que toutes les personnes réglées ou qui vivent avec une ou des personnes réglées (compagne ou compagnon, mère ou père) auraient intérêt d’avoir ce livre dans leur bibliothèque. Je pense qu’il est particulièrement utile pour les plus jeunes car plus personne ne devrait avoir vivre sa puberté avec honte.

Si vous l’avez lu, dites-nous ce que vous en avez pensé, sinon, n’hésitez pas à l’emprunter/l’acheter/le voler (je rigole, venez pas me dénoncer quand on vous arrêtera).

Ceci est mon sang. Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font, Élise Thiébaut

J’ai découvert Ceci est mon sang, de la même manière que Le grand mystère des règles (l’année dernière, l’exposé, tu vas pas me dire que t’as déjà tout oublié de c’que j’t’ai dit?) . Celui-ci je ne l’ai pas acheté, je l’ai emprunté à la bibliothèque (plutôt pratique quand t’as pas d’argent) et je l’ai dévoré en quelques jours.

Avant tout, ce qui m’a beaucoup plus dans ce livre, c’est qu’il est vraiment très drôle. Élise Thiébaut nous raconte son histoire avec les règles et l’endométriose avec un humour que j’ai adoré et qui a rendu mes trop longs moments passés dans les transports bien plus agréables.

L’écriture inclusive est nécessaire, n’en déplaise aux académicien-ne-s

Salut à tou-te-s !

On vous retrouve aujourd’hui pour un article imprévu, que l’on a jugé nécessaire d’écrire suite à un petit incident que nous allons vous expliquer rapidement.

On est samedi, et alors qu’on traîne sur Internet, on tombe sur un blog qui tient lieu de journal participatif où différentes personnes sont amenées à s’exprimer sur des sujets divers. Alors qu’on parcourt la section « Société », on tombe sur un article intitulé « L’écriture inclusive ou la mort de la langue française » (Là, c’est le moment ou toi aussi tu commences à tiquer.)

Cet article nous explique, à grand renfort d’antiféminisme primaire, en quoi la lutte pour une langue non-genrée ne se contente pas d’être inutile et absurde mais nuirait en plus à « la plus belle langue du Monde » (le Français, tu l’auras compris – what else ? ).

Sur ce, très légèrement titillées par l’enchaînement de clichés sexistes et psychophobes, entre autres, et alertées par l’illustration absolument immonde de LGBTQphobie (nous vous en épargnerons la description) , on écrit un commentaire à l’auteur. Dans ce commentaire on explique poliment en quoi on juge l’écriture inclusive nécessaire et pourquoi les arguments exposés dans l’article nous semblent impertinents.

Quelques heures plus tard, alors qu’on se rend sur le site pour voir si l’auteur a répondu, on se rend compte que le commentaire a disparu. (#LesFéministesVousÊtesPasOuvertesÀLaDiscussion)

La colère passée, nous nous sommes dit que tant mieux, ça ferait l’objet d’un article à part entière, que l’on aurait eu le temps de mieux construire et réfléchir.

Dans cet article, nous allons donc vous livrer quelques-unes de nos réflexions sur l’utilisation du langage comme outil de domination et sur la nécessité d’affirmer encore et toujours l’importance de l’écriture inclusive.

Nous jugeons également important de réaffirmer que la lutte contre le patriarcat, la domination masculine et le système de genre doit faire partie intégrante de l’écologisme politique.

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Dans un premier temps, il est indispensable de percevoir la langue comme outil de domination politique. La langue française, dans le domaine, s’illustre par son passé et son présent coloniaux. Nous ne développerons pas sur ces sujets-là, qui demanderaient des articles à eux seuls, que nous ne sommes pas habilitées à écrire.

En France, la langue officielle est réglementée par l’Académie française dont, selon Wikipédia, « la fonction est de normaliser et perfectionner la langue française ». Il nous semble important de rappeler que, sur trente-six académicien-ne-s, seulement cinq sont des femmes (ce qui nous fait donc trente-et-un hommes, dont un autoproclamé philosophe, connu pour ses moult prises de positions racistes – entre autres). Et l’Académie française, qui se porte « garante de l’avenir [..] lance un cri d’alarme : devant cette aberration ‘inclusive’ […] la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. » (Arrête de rire s’il-te-plaît, et reprend ton souffle pour la suite.) (Mais si tu veux quand même te bidonner un peu, on t’invite à lire le rapport de l’Académie française sur la catastrophe planétaire que représenterait l’adoption de l’écriture inclusive.)

Quoiqu’en dise l’Académie française, c’est le peuple qui fait la langue et les différents argots et parlers dont elle s’enrichit sans cesse ne sauraient être codifiés par une institution supérieure. (On ne remet pas ici en cause la nécessité de réglementer la langue de manière générale.)

Dans l’introduction de son livre Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir nous explique comment, par la définition du masculin comme Absolu, le féminin est relégué à la position de l’Autre. C’est exactement ce que l’on observe dans la langue française où le masculin est posé comme neutre. Or, incroyable mais vrai, le masculin n’est pas neutre. La fameuse règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est pas une expression dénuée de sens profond mais bien l’illustration concrète d’un système global de pensée.

Nous allons donc, à travers l’analyse et la déconstruction du soi-disant raisonnement de notre très cher ami censeur (qui présente des arguments communs chez les opposant-e-s à l’écriture inclusive), vous montrer en quoi l’écriture inclusive est nécessaire, du moins pour l’instant, à l’émancipation des femmes et que derrière la lutte contre son adoption se cache un attachement à la domination masculine.

(On ne joindra pas ici le lien de l’article, mais tu nous remercieras plus tard.)

L’auteur de l’article commence par nous accorder, avec la bonne volonté qui, soyons-en sûr-e-s, le caractérise, que « féminiser » (Ce n’est pas nous qui mettons les guillemets) la langue est un combat honorable – il emploiera la suite de son article à nous démontrer en quoi la féminisation de la langue n’est pas un combat honorable.

Après nous avoir écrit qu’il s’agissait d’un projet absurde, il note que cette lutte participe à « l’augmentation du ras-le-bol intégral envers les féministes » – le gars ne mâche pas ses mots. Ben oui, ce sont les féministes qui créent l’antiféminisme, tu ne l’as quand même pas oublié ? Tu ne vas pas me dire que tu croyais que c’était un effet du patriarcat qui, à chaque tentative des femmes de se libérer de son joug, ne tarde pas à leur renvoyer le bâton dans la tête ? Ce même féminisme dont les partisan-e-s, nous explique le rédacteur de ce merveilleux texte, voudraient « la destruction du français comme langue universelle ». En dehors du fait que cette phrase ne veut strictement rien dire, notre cher ami censeur, plutôt que de se targuer de l’universalité du français, ferait mieux de se souvenir dans quel contexte il s’est imposé comme « langue universelle »…

Suite à cette remarque d’une grande pertinence, notre cher L. (c’est ainsi qu’il signe) nous expose la pensée suivante: « Aujourd’hui la femme [à prononcer « la fâme », selon l’Académie française] se sent attaquée parce que ‘le masculin l’emporte sur le féminin' », nous suggérant ainsi que la féminisation des mots et l’écriture inclusive sont une lubie des féministes d’aujourd’hui, des fameuses Social Justice Warriors (SJW) qui sévissent en ligne.

Il serait bon qu’il se souvienne, ou qu’il apprenne, que la langue française n’a pas toujours été dictée par ces règles oppressives. C’est en effet au XVIIIème siècle que l’emploi du féminin a largement été réduit dans la langue française. Auparavant, des expressions telles que « philosophesse », « apprentisse » ou « doctoresse » étaient employées. De quoi faire dresser les cheveux de nos académicien-ne-s ! C’est également au XVIIIème siècle qu’a été officiellement abandonnée la règle de l’accord de proximité. (Réac’ quand ça t’arrange, pas vrai ?)

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BD de Joy: https://www.facebook.com/joylilworld/

L’auteur de l’article qui a motivé le nôtre s’étonne également que les défenseuses et défenseurs de l’écriture épicène (non genrée) revendiquent la féminisation des métiers lorsqu’il s’agit de doctoresses ou d’autrices, mais pas lorsqu’il s’agit d’éboueuses, de chauffeuses ou de plombières, qui « ne mériteraient pas qu’une femme y mette les pieds ». En faisant ainsi passer les féministes pour des princesses bourgeoises (plutôt écolos, les antiféministes, à toujours recycler leurs « arguments »), il affiche son mépris de classe (qu’il prétend dénoncer) et invisibilise les expériences de femmes appartenant à ces corps de métiers. Parce que ce qu’il nous écrit là est totalement faux. Le projet d’une écriture inclusive concerne absolument tous les aspects de la langue. Il nous dit aussi, à propos des métiers de docteurs, auteurs et médecins que « les femmes peuvent elles aussi réussir dans ces domaines ». (Le mec se serait renseigné ne serait-ce que deux minutes sur les inégalités dans le monde du travail, qu’il aurait compris que sa phrase méritait d’être précisée.)

Il explique aussi que si une étudiante échoue à l’université ou qu’un homme bat sa femme (on notera la délicatesse et la pertinence du rapprochement entre les deux), ce n’est pas à cause de la grammaire française. On a une bonne nouvelle pour toi mon pote : personne n’a jamais prétendu ça. Et si tu pouvais éviter d’expliquer qu’un homme qui bat sa femme c’est parce qu’il est « mentalement malade », on t’en serait tou-te-s reconnaissant-e-s (les malades mentales et mentaux et les femmes en particulier).

On approche de la fin de l’article quand l’auteur nous conseille de prioriser la lutte contre les violences faites aux femmes (les vraies violences, tu vois, pas les violences symboliques comme « le masculin l’emporte »), les inégalités salariales (ah, on a fini par lui dire que le travail était un secteur inégalitaire ?) ou les harcèlements sexuels. Oui, je sais que tu t’y attendais ; qu’il finisse son article en expliquant aux femmes comment combattre la domination masculine qu’il défend tout au long de son article. Mais tu finis par avoir l’habitude, pas vrai ? Tu sais que l’écriture inclusive, c’est comme la « taxe rose », c’est comme le harcèlement de rue, c’est comme le prix des tampons ou le congé menstruel, ça passe après. C’est futile tout ça.

Tiens-toi le pour dit: « Si […] le premier ministre Edouard Philippe a banni l’écriture inclusive des textes officiels […] [c’est pour] protéger l’image de la France et sa culture. » La France, donc, ne peut pas se permettre de « féminiser » sa langue, cela risquerait de lui faire perdre la face à l’international…

Qu’il le veuille ou non, la culture et la langue sont amenées à évoluer et son rejet de l’écriture inclusive s’inscrit largement dans le chauvinisme dont il fait preuve tout au long de l’article.

Mais si cet article semblait intéressant pour nourrir le nôtre (et pas pour son contenu, tu l’auras compris), c’est parce qu’il illustre bien que, derrière cette défense du « patrimoine linguistique », c’est bien le maintien d’un ordre patriarcal qui se joue, consciemment ou non.

La partie immergée de l’iceberg offre de solides bases au patriarcat, et il importe de le combattre partout où il se trouve.

On terminera en disant qu’en dehors d’une prise de position que l’on juge nécessaire, cet article est là pour dénoncer le fait que notre réponse à l’article initial a été supprimée. Parce qu’on aurait très bien pu choisir de se taire, ce qui nous a été explicitement intimé. Parce que ce qui se joue là, ce n’est pas notre égo, c’est le fait qu’en tant que femmes on nous invisibilise doublement : dans la langue et par la « censure » de nos idées (particulièrement lorsqu’elles vont dans le sens de notre libération), que ce soit comme ici par un effacement pur et simple, par la violence verbale ou juste parce que l’on a intégré qu’il fallait nous taire.

Alors si toi aussi t’es plutôt « langue de Beauvoir » que « langue de Molière », n’hésite pas à nous dire ce que tu as pensé de tout ça et n’oublie jamais que ta parole est importante.

(Et pour celles et ceux qui trouvent que l’écriture inclusive, c’est pas le top de l’esthétique, on vous invite à lire les livres de la maison d’édition Cambourakis qui sont édités avec des formes variées d’écriture inclusive; on s’y fait très rapidement.)

We send you feminist vibes,

A. et E. (merci à Joy pour la libre utilisation de son dessin, à S., A., C., M. et E. pour la relecture)