Lecture verte #1 : Chroniques altermondialistes – Tisser la toile du soulèvement global

« Il faut accepter de vivre la nuit, de faire monter le désespoir à la surface, afin que l’espoir ne soit pas songe creux, slogans insipides, afin que l’amour soit aussi colère, afin que la lumière affirme les ténèbres. »

« Tisser la toile du soulèvement global », quel beau sous-titre … Le tissage, une activité traditionnellement féminine, forte de son symbole, fut utilisée lors de la Women’s Pentagon Action (Action des Femmes au Pentagone) de 1980. Des femmes menèrent alors une action de désobéissance civile en encerclant le Pentagone états-unien (le quartier général de la défense) pour protester contre la course à l’armement nucléaire. Elles tissèrent tout autour du bâtiment, accrochèrent aux fils des photos de ce(ux/celles) à qu(o)i elles tenaient afin de défendre la vie contre l’impérialisme destructeur. Cette manifestation est perçue aujourd’hui comme un moment majeur du mouvement écoféministe.

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Par Ellen Shub sur Women and Life on Earth

C’est pour son ouvrage Rêver l’obscur – Femmes, magie et politique (Dreaming the Dark : Magic, Sex and Politics), que j’ai d’abord entendu parler de Starhawk. Jade Lingaard, dans la préface « Désobéir en état d’urgence » (Chroniques altermondialistes, 2016, éditions Cambourakis), la présente ainsi : « Féministe, pacifiste, anarchiste, sorcière néopaïenne, elle ne ressemble à nul-le autre dans le paysage éclaté de la gauche radicale américaine. » Ainsi, l’activiste et militante, de son nom de naissance Miriam Simos, « forme des militant-e-s à la désobéissance civile en portant une vision particulière de l’empowerment : créative, empreinte de spiritualité et de psychologie. »

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Starhawk

Et « pour Starhawk, l’enjeu central, c’est le pouvoir, celui qui s’exerce d’en haut par ceux qui cumulent les privilèges de richesses et la capacité à dominer les autres. Mais c’est aussi la peur. […] Pour s’en libérer [elle] propose un geste profondément pacifiste : reconnaître et accepter cette peur pour qu’elle trouve en chacun-e sa juste place. »

C’est en plaidant pour la diversité des tactiques que Starhawk nous offre, dans Webs of Power : Notes from the Global Uprising, paru en 2003 et partiellement traduit dans Chroniques altermondialistes, ses expériences de grandes actions qui ont marqué l’histoire de l’altermondialisme.

Dès l’introduction de ce livre « dédicacé à celles et ceux qui partout s’insurgent, provoquent des troubles, provoquent la paix, jardinent et combattent les incendies », Starhawk pose les bases de son militantisme, où action politique et magie ne font qu’une. Elle raconte ainsi un souvenir de soirée durant laquelle, fatiguées par la préparation d’une action politique, ses amies et elles se mirent à chanter, au son de son tambour, « La globalisation est la toile dans laquelle nous sommes prises au piège … » ou « Je nous vois tissant de nouvelles toiles, des toiles qui créent des liens … » Et nul besoin d’être sorcière et/ou néopaïen-ne pour apprécier l’approche originale, poétique et philosophique que propose Starhawk.

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Chroniques altermondialistes

Les manifestations de Seattle, qui eurent lieu le 29 et 30 novembre 1999 à l’occasion du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et afin de protester contre la globalisation, apparaissent comme une date-clef du mouvement altermondialiste. L‘autrice le décrit comme un mouvement pour une « justice globale » et qui vit « toute une génération […] se radicaliser et […] basculer dans l’activisme ». De ce moment marquant suivront les mobilisations de l’an 2000, à Washington et à Prague, contre le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, celles de 2001 à Buenos Aires et à Québec contre la réunion de travail de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), celles contre le sommet du G8 à Gênes en juillet 2001. De son riche parcours d’activiste, marqué largement par ces actions qui animèrent le début du millénaire, Starhawk nous livre ses apprentissages. Le rôle de formatrice, qu’elle endossa au cours de ces grandes protestations afin de guider les jeunes militant-e-s, est perpétué au travers de ces pages qui nous ouvrent au large champ des formes d’action.

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« Cessez d’exploiter les travailleuses et travailleurs » – Seattle, 1999 – Manifestation contre le sommet de l’OMC

Avec mes yeux de lectrice enthousiasmée, et tandis que je réfléchissais à toutes les personnes de mon entourage à qui je souhaiterais partager ce livre, j’ai été particulièrement marquée par l’espoir qu’il porte. Par l’emploi de tous les registres à sa disposition, qu’ils soient spirituels, psychologiques, stratégiques ou politiques, l’autrice livre à travers ses phrases quelque chose d’assez rare d’après moi dans le catalogue des livres engagés : des mots de paix et d’espérance, bien que le récit des répressions suite aux manifestations de Gênes soit bouleversant. Car si la colère révolutionnaire est saine et nécessaire, elle peut parfois se faire trop présente. Susciter l’envie d’un monde meilleur à travers les exemples positifs d’actions, c’est là la force des textes de Starhawk. Elle ne développe d’ailleurs que très peu l’aspect théorique et idéologique des pensées altermondialistes, au profit de l’expérience concrète.

Au fil de ses chroniques, Starhawk ne cesse d’interroger les stratégies employées et se questionne surtout sur l’emploi de la violence et de la non-violence. Partisane de l’action directe pacifique, elle ne condamne pourtant pas unilatéralement l’activisme violent. Elle reconnaît que « Pour mettre à mal un système économique qui vénère la propriété, la propriété doit être attaquée » et que ces attaques peuvent légitimement prendre plusieurs formes. Si je ne partage pas intégralement son approche de la non-violence, il m’apparaît particulièrement intéressant de souligner que son appel à l’imagination et à la créativité comme outils de lutte est chose récurrente dans les engagements portés par les femmes, et notamment les militantes écoféministes. Puisqu’investir le champs politique en tant que femmes et féministes ne nécessite pas toujours d’adopter des codes et des traditions de lutte masculines et violentes. Il s’agit aussi d’en créer des nouvelles, par les femmes et éventuellement pour elles-mêmes. Les toiles tissées autour du Pentagone auxquelles je faisais référence en début d’article en sont un bel exemple. Par ailleurs, il me semble que si les mouvements relatés dans Chroniques altermondialistes ont eu tant d’ampleur, c’est aussi parce que l’action non-violente rassemble davantage de personnes (pas uniquement pour des raisons idéologiques mais aussi de capacités physiques et de risques encourus). Dans sa volonté de valoriser chacun-e au sein du mouvement altermondialiste, l’écrivaine écrit : « Nous avons besoin d’elles et eux [les militant-e-s des black blocs] ou de personnes comme ça. Il nous faut de la place dans notre mouvement pour la rage, l’impatience, la ferveur militante […] Nous avons aussi besoin de pacifistes […] Nous avons besoin d’espace pour la foi, la compassion. […] Et nous avons besoin d’espace pour celles et ceux d’entre nous qui essaient d’explorer des formes de lutte qui échappent aux catégories. »

Tout au long de son texte, Starhawk participe à tisser « la toile du soulèvement global ». Elle tisse des liens entre les militant-e-s, puisque la radicalité ne doit pas empêcher de surpasser les désaccords, dans un but commun. Elle fait usage de sa spiritualité d’une manière émouvante et surprenante. Comme elle l’explique, sur la côte Ouest des États-Unis dont elle est originaire, il est de tradition de mêler politique, psychologie et spiritualité. Cette réalité n’existe que très peu en Europe, et là encore l’activiste réussi à créer des ponts entre des domaines qui pourraient sembler antithétiques aux inhabitué-e-s.

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La « Spiral Dance » est une tradition néopaïenne pratiquée par Starhawk

Créer des ponts, tisser des liens, c’est là l’idée de ces grands mouvements d’ampleur internationale au cours desquels la sorcière écoféministe américaine a été amenée à militer au côté de paysan-ne-s du Mouvement des sans-terre (Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra) ou d’activistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia).

Et lorsqu’en 2001, dans les rues de Québec, des manifestant-e-s défilent, suite à la Déclaration de Cochabamba, en incarnant une rivière vivante pour « attirer l’attention sur la question de l’eau » en donnant « corps à l’eau, en tant qu’élément dans le feu de la lutte », comment ne pas être touchée par le lyrisme de cette action collective ?

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2001, manifestation à Québec contre le Sommet des Amériques

Ce recueil de récits, entre le manuel de militantisme et le plaidoyer pour l’action collective, est une précieuse lecture. Les comptes-rendus d’actions, les réflexions, les listes, les communiqués qui s’y entremêlent le rendent ludique et agréable à lire.

Le 11 septembre 2001, et pour la deuxième fois seulement de leur histoire, les États-Unis d’Amérique sont attaqués sur leur sol : le World Trade Center et le Pentagone sont les cibles d’attentats, revendiqués par le groupe terroriste Al-Qaïda. 2973 personnes sont tuées, 6291 sont blessées. Une guerre vengeresse est lancée par le gouvernement états-unien en octobre/novembre de la même année et qui prendra fin 13 ans plus tard, le 31 décembre 2014. Elle causera la mort de plus de 20 198 civil-e-s afghan-e-s et contraindra des milliers de personnes à l’exil.

Alors comment continuer à agir, entre les massacres, la peur et les mesures sécuritaires et répressives adoptées par le gouvernement ? Voici les précieuses phrases dont nous fait cadeau Isabelle Stengers, dans la préface à la première édition française du texte de Starhawk : « […] on trouvera […] les échos du courage extraordinaire qu’il a fallu pour continuer à lutter […] Pour lutter contre la guerre, pour affronter le désespoir d’un monde torturé. Les textes qui closent ce recueil font pleinement exister ce que savent les sorcières : il faut accepter de vivre la nuit, de faire monter le désespoir à la surface, afin que l’espoir ne soit pas songe creux, slogans insipides, afin que l’amour soit aussi colère, afin que la lumière affirme les ténèbres. »

En espérant que ces mots raviveront dans votre coeur l’espoir et la détermination pour continuer.

I send you alter-globalist vibes,

E. (merci à B. pour la relecture.)

Les Labiorantines.

Défi vert #1 : Soyons gourdes !

Bonjour à tou-te-s !

Et bienvenue dans la nouvelle catégorie des « Défis verts ».

Actuellement dans le Thaylis en direction d’Allemagne, je viens de réaliser que j’ai oublié de prendre ma gourde fétiche et, de dépit, je lance des regards mauvais à cette horrible bouteille plastique que je me suis résolue à acheter dans le wagon-restaurant (acheter de l’eau non mais quelle idée franchement quand on y pense … ).

Vous me voyez venir avec mes gros sabots, je vais essayer de me passer entièrement de bouteilles en plastique dès mon retour d’Allemagne (je te mets ici un lien sur l’empreinte environnementale des bouteilles en plastique). C’est pour cela que je vous partage une liste (non exhaustive) d’astuces pour premièrement ne jamais oublier sa gourde, et deuxièmement, savoir survivre quand on l’a malgré tout oubliée.

  • Première astuce : Soyons sales !

Votre gourde fait partie intégrante de votre sac : ne l’en faites jamais sortir (sauf pour boire, obviously). Vous l’utilisez depuis deux semaines ? Et alors ! De toute façon vous êtes la-e seul-e à boire dedans (plus les ami-es mais elleux c’est la miff ça ne compte plus, vos microbes sont leurs microbes). À la rigueur vous la rincez avec de l’eau quand vous la remplissez MAIS PAS PLUS ! Il ne faudrait pas gaspiller trop d’eau … De cette manière, impossible de l’oublier lorsque vous sortez, puisqu’elle est déjà dans votre sac!

  • Deuxième astuce : Entourons-nous de gourdes !

On achète (je n’aime pas ce verbe, mais je me vois mal fabriquer une gourde, mes talents s’arrêtent avant) plusieurs gourdes, de toutes les tailles, de toutes les couleurs, de toutes les formes. Trois gourdes par personne ça me paraît raisonnable (et puis ça permet de ne pas devoir appliquer l’astuce n°1 trop régulièrement et de faire tourner les gourdes pour les laver). Vous avez trois sacs ? Ayez trois gourdes ! Le risque d’oubli se réduit. (Après si tu t’organises bien avec une gourde, ne te sens pas obligé-e d’aller claquer ton argent pour suivre mes conseils à la lettre.)

  • Troisième astuce : La méthode chameau.

Cette méthode, peu fiable et personnellement jamais testée, sert néanmoins à certain-e-s de mes ami-e-s. Il s’agit de boire comme un trou (de l’eau bien entendu) avant de partir de chez soi et d’ainsi ne pas avoir soif une fois dehors. Bon, je vous l’accorde, le taux de réussite dépend de beaucoup trop de facteurs (allant de la personne elle-même, passant par la durée de l’expédition jusqu’à la nature de cette sortie – déconseillée pour les treaks de six jours en haute montagne) pour garantir sa fiabilité. Mais pourquoi ne pas essayer ?

On passe maintenant au cas où « J’ai oublié ma gourde ». Que faire ?

  • Quatrième astuce : Achète une gourde à chacune de tes sorties et ouvre un musée.

La meilleure option reste à présent … la gourde ! Eh oui, au lieu d’acheter une énième bouteille d’eau, pourquoi ne pas racheter une autre gourde ( je pense qu’on n’en a jamais assez) ? Il suffit de demander ensuite dans un restaurant qu’ils la remplissent. Je le fais très souvent (de demander dans un restau’ qu’on remplisse ma gourde, pas d’en racheter une ) et je n’ai jamais eu un seul refus (iels n’ont pas le droit de refuser, je crois). Le problème reste que les magasins de gourdes ne sont pas légion et que je pense que peu de gen-te-s peuvent se permettre de dépenser, sans l’avoir prévu qui plus est, le budget d’une gourde à chaque oubli.

  • Cinquième astuce : Abuse de la gentillesse des commerçant-e-s.

Retourne voir le restaurateur ou la restauratrice de tout à l’heure et demande lui un verre.

  • Sixième astuce : Celle que je n’aime pas.

Si vraiment acheter une bouteille en plastique se révèle l’unique solution, achète ta bouteille satanique mais avec à l’esprit une idée pour la recycler de manière intelligente comme une boîte à bijou personnalisée (qu’est ce qu’il ne faut pas dire misère !) ou un bocal pour le riz ou… Wie du willst ! Ma grande-tante les gardait pour entourer les plantes de son jardin avec (je témoigne, c’était très laid) car sinon les biches mangeaient les jeunes pousses (situation bretonne typique). Mais si tu habites en ville cette situation ne te concerne pas vraiment.

  • Septième astuce : On ne boit pas et on meurt.

Ai-je besoin d’en dire plus ?

Voilà ! J’espère que cet article vous a plu et qu’il pourra vous servir et vous inspirer. N’hésitez pas à partager vos excellentes idées en commentaires !

Sur ce .. Tschüß !

A.

PS : Essayez, si vous le pouvez, de favoriser les gourdes en verre, en métal ou en inox. Elles dureront plus longtemps que les gourdes en plastiques et nuiront moins à votre santé – et à l’environnement !

Protège ta santé, boycotte le fluor

Bonjour à tous et à toutes !

Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui, s’il ne semble pas passionnant de prime abord mériterait qu’on y accorde un peu d’attention. Je vais te parler de dentifrice et des mensonges qu’on nous fait avaler depuis tout-e petit-e sur le fluor.

Le dentifrice a un impact sur notre santé; il est en contact direct avec nos muqueuses et nous en avalons tous les jours, ce qui, en fonction de sa composition, peut occasionner quelques dégâts. Je ne parlerai même pas de l’impact sur l’environnement (#PollutionDesEauxEtPlastiqueÀGogo) .

C’est après avoir vu le documentaire de Audrey Gloaguen sur France 5 Fluor, un ami qui vous veut du mal (je te le recommande fortement mais je n’ai pas réussi à trouver de lien, sorry) que je me suis dit qu’il me fallait absolument écrire cet article. Le texte qui va suivre s’appuie cependant davantage sur mes recherches personnelles.

J’ai commencé mes recherches sur la molécule de fluor, tant vantée par les industries pharmaceutiques, et censée préserver tes dents de toute vicissitude. Et pas besoin de chercher très loin, les problèmes arrivent déjà : sur la page Wikipédia du Fluor je trouve : « Aux conditions normales de température et de pression, le corps simple fluor se présente sous forme de difluor F2, un gaz diatomique jaune pâle, très toxique et extrêmement corrosif. » Si tu te demandes ce que signifie diatomique, ça veut simplement dire que la molécule de fluor est composée de deux atomes. Je ne crois pas en revanche que tu aies besoin que je te traduise « très toxique et extrêmement corrosif ». Je t’accorderai certes que se faire retirer une carie n’est pas une partie de plaisir mais il y a quand même des priorités dans la vie. Bien sûr il se peut que le fluor contenu dans le dentifrice ne soit pas sous la forme de difluor et ça change bien des choses.

Je me suis donc renseignée sur la forme que prend le fluor dans nos dentifrices.

En tapant les mots : « dentifrice fluor » sur Ecosia je tombe sur des centaines de publicités pour dentifrices. Je clique sur la première pour regarder la composition du produit en question:

On peut lire, au milieu de noms étranges qui feraient pâlir d’envie un grimoire de potions « sodium fluoride « . Je le tiens ! Internet nous facilite la vie, je tape donc « sodium fluoride » dans ma barre de recherches et sur Wikipédia (pour changer), je trouve ce que je cherche :  » Le fluorure de sodium est très toxique, et le seul fait de respirer ou de l’inhaler peut être dangereux. Il affecte le système circulatoire, le cœur, le squelette, le système nerveux central et les reins. À terme, il peut même causer la mort. D’autre part, il est très irritant pour la peau, les yeux et le tractus respiratoire. »

Voilà donc ce que tu appliques sur tes dents tous les jours – matin et soir si tu es une personne consciencieuse. Je sais pas toi, mais j’ai préféré arrêter.

J’aurais pu m’arrêter là mais j’ai quand même cherché un poil plus loin, sur la page « dentifrice » de Wikipedia (comme tu le vois mes recherches sont plutôt accessibles à tou-te-s). Je t’épargnes les dix chapitres sur le sujet, voici l’un des passages les plus croustillants :

« Certains types de dentifrices peuvent provoquer des nausées ou la diarrhée s’ils sont ingérés en trop grande quantité. Chez les très jeunes enfants, un empoisonnement aigu au fluorure peut survenir après ingestion d’aussi peu que un pour cent d’un tube de pâte dentifrice aromatisée pour enfants. »

Appétissant!

Mais ne désespère pas, il existe des tas de dentifrices sans fluor et non-toxiques, avec une ribambelle d’arômes différents pour tes papilles sensibles. Si tu as l’envie et le courage, tu peux aussi faire ton dentifrice toi même, c’est encore plus écologique; tu trouveras des dizaines de vidéos sur le net et peut-être même qu’on te livrera un jour notre recette.

Je te fais des bisous (avec une haleine peut être pas aussi fraîche qu’avec du Elmex mais tu me pardonneras!)

A.

Pensées des lectrices et des lecteurs #1: L’idée écolo du jour ; prends un-e con-ne, plante un arbre

(Bonjour à tou-te-s. On vous retrouve aujourd’hui avec le premier article de la catégorie « Pensées des lectrices et des lecteurs ». C’est An. qui nous fait l’honneur d’introduire cette série avec le texte qui suit, bonne lecture !)

Prends un-e con-ne, plante un arbre.

Une idée bête et méchante, à l’image de celles et ceux qui sont prêt-e-s à échanger nos arbres contre des billets. À celles et ceux cyniquement posté-e-s le cul à l’air au faîte de la planète-industrie et qui regardent leurs déjections nous tomber dessus de plus en plus abondamment.

Pour nous débarrasser intelligemment de ces crétin-e-s qui se croient plus malins et malignes que les autres, parce que leur radeau de survie possèdera des chiottes feuilletées à l’or fin, lorsque d’autres devront apprendre à nager dans les eaux mouvantes des mers gonflées par le réchauffement climatique.

Pour leur épargner l’air benêt qu’iels* ne sauront éviter de prendre face à l’évidence qu’iels n’auront pu quitter à temps la planète qu’iels auront emmerdée de si longues années durant, et leur éviter la chute – forcément, plus grande que la nôtre, nous petites gens- du haut de leurs empires politico-médiatico-financiaro-mescouilliens.

En somme, pour rendre justice à notre Terre, au vivant dans son ensemble; pour rééquilibrer les chances des plus démuni-e-s, et rendre un fier service à celles et ceux qui tomberont de trop haut pour comprendre ce qui leur arrive, effectue ta Bonne Action écolo du jour: prends un-e con-e, plante un arbre.

Rien de bien compliqué, tu peux le faire d’à peu près n’importe où que tu te trouves -et je t’enjoins même à réitérer autant de fois que tu trouveras sur ton passage un-e con-ne prêt-e à être planté-e. Comment le/la reconnaître ? C’est simple : n’importe quel-le membre du gouvernement actuel (pas de préférence, iels donneront tou-te-s de solides racines une fois semé-e-s), ou d’un gouvernement passé (encore en vie, il va de soi. Les corps en décomposition ne sont pas recommandés pour les débuts de vie d’un arbre. Donc, tu es gentil-le, tu laisses Jean-Marie tranquille, même Monsanto n’a pas créé un désherbant pareil); n’importe quel-le journaliste tranquillement assis derrière son prompteur ou caché derrière ses lignes éditoriales droitières; n’importe quel-le climato-sceptique (espèce À NE PAS protéger selon WWF); n’importe quel-le négationniste, réactionnaire en herbe ou confirmé-e, conservateur ou conservatrice ridé-e qui, entre deux ratés du cœur, dit « c’était mieux avant »; n’importe quel-le libéral-e qui pense que gagner de l’argent, « c’est ce quil y a de mieux à faire dans ce monde de pourri-e-s », tout en étant pourri-e iel-même. Bref, n’importe quel-le con-ne appartenant à la doxa dominante et qui ne jette même pas un œil à la pendule climatique dont les aiguilles approchent dangereusement du gong. Enfin, n’importe qui doutant du bien-fondé des mouvements écologistes – antiracistes et anticolonialistes, LGBT+, féministes, de défense de la cause animale, …- fera l’affaire.

Prends le ou la con-ne.

Creuse un trou assez profond pour qu’iel y rentre en entier.

Plante le ou la con-ne, la tête en bas, en ne laissant dépasser que les pieds.

Ajoute une graine, de préférence celle d’un grand arbre : cette planète doit respirer (d’où la double utilité d’enlever de sa surface surpeuplée les con-ne-s, et de les transformer en beaux ramages verts).

Recouvre le tout de terre saine et riche (tu vois le petit bidon rouge et jaune fluo qui traîne dans ton garage ou celui de ta grand-mère et sur lequel il est écrit « Engrais » ? Laisse-le là où il est. Merci.)

Chaque jour, arrose amoureusement le ou la con-ne et sa graine.

Bientôt, un arbre poussera. Il te procurera de l’ombre et renouvellera ton air, au lieu de te le pomper et de te le retourner vicié. Il te rendra bien le soin que tu lui auras porté, au lieu de te demander d’arrêter de te plaindre et de le remercier pour la pollution de ton espace de vie et de ton cerveau rendues possibles par sa crasse ignorance. En somme, à l’inverse du ou de la con-ne désormais traversé-e par ses racines, l’arbre que tu auras aidé à naître t’octroiera calme, paix, santé et bien-être. Pour toi et ton entourage, humain ou non.

*iels : contraction de « ils » et « elles » ; pronom inclusif. Nous croyons au pouvoir émancipateur de l’écriture inclusive, non-genrée. Si, dans un premier temps, elle peut rendre la lecture un peu fastidieuse, elle finira par laisser place à l’habitude (cf. Editions CAMBOURAKIS, qui emploient différents types d’écriture inclusive).

Si tu as aimé l’article de An. et que tu veux toi aussi publier un article, écris-nous! leslabiorantines@laposte.net)

Petites astuces pour garder le moral quand on milite

(Je me base dans cet article sur le cas du militantisme environnementaliste. Il s’agit d’un exemple et ces conseils sont bien entendu applicables aux autres luttes de justice sociale.)

Salut tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article que, je crois, j’aurais bien aimé lire moi-même à certains moments. Il s’agit de six astuces à utiliser pour se préserver quand on milite (quelque soit la forme que prend notre militantisme). Parce qu’on perd parfois espoir, qu’il nous arrive d’arrêter d’y croire et d’avoir envie de tout arrêter, je pense qu’il est important de se préserver également. Ces conseils sont tirés de mon expérience personnelle, n’hésitez pas à nous partager les vôtres.

Allons-y !

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  1. S’entourer des gen-te-s qui partagent nos préoccupations. Parce que nous sommes souvent confronté-e-s à des situations catastrophiques sur divers plans et parce que l’on a sans doute tou-te-s pensé à un moment ou a un autre: « Si seulement j’avais pu ne jamais ouvrir les yeux sur ces réalités… » Parce qu’on peut se sentir désemparé-e face au déni ou au mépris de nos proches vis-à-vis de ces situations. Parce que rester uniquement entre personne engagé-e-s ne va pas changer le Monde en un claquement de doigts, mais parce que ça nous en donne parfois l’illusion et que ça fait du bien.
  2. Déconnecter. Faire des pauses, c’est essentiel. Surtout quand la tâche est à ce point prenante et usante émotionnellement et intellectuellement. Pour se préserver et parce qu’on ne peut pas être efficace si on ne se repose jamais. Alors prenez du temps (une semaine, un mois, un trimestre, une année,…)  pour vous et retournez-y quand vous vous sentirez prêt-e.
  3. S’autoriser à être triste et/ou en colère. Oubliez les « good vibes only » et autres injonctions au bien-être. Comme si c’était facile et qu’il suffisait de lire deux-trois citations inspirantes trouvées sur Pinterest pour que, hop, tout aille bien dans notre coeur et dans notre tête. Je dois aussi dire que face à certaines situations, la colère me semble être une réaction très saine. Et c’est normal de se sentir parfois frustré-e et/ou désespéré-e. Et il est très important de se souvenir que nous ne n’avons pas tou-te-s la même fragilité mentale.
  4. Ne pas laisser notre optimisme être entaché. Je crois qu’il existe trois catégories d’environnementalistes : les éternel-le-s optimistes qui sont convaincu-e-s qu’on réussira à sauver l’humanité, les ours polaires et les orang-outans (je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’au plus le temps passe au plus leurs rangs rétrécissent) ; les « naturellement » pessimistes (c’est une question de tempérament et de caractère… ou de réalisme…) qui doivent bien, derrière leur défaitisme cacher un peu de l’espoir qui les motive à lutter; et enfin les personne qui, comme moi, s’efforcent de nourrir leur optimisme à renfort de bonnes nouvelles (qui sont certes rares mais qui ont le mérite d’exister) et de lectures enrichissantes, afin de ne pas sombrer dans le pessimisme (Il ne s’agit pas, bien entendu, de nier l’aspect dramatique de la situation.). Alors quelque soit son intensité, ne laissez pas cette précieuse lueur être abimée. Alimentez-la, et si elle venait à faiblir, n’oubliez pas qu’elle s’enrichit de chaque lumière dont elle croise la route.
  5. Se trouver d’autres activités. Parce que le militantisme (sous toutes ses formes) c’est prenant, intéressant, enrichissant et parfois satisfaisant mais ça l’est d’autant plus quand ça ne devient pas une corvée. Alors faites d’autres activités à côté, allez nager, vous promener, lire, écrire, cuisiner, cueillir des myrtilles, passer du temps avec vos proches ou profiter d’un concert (Un CD dans votre vieux lecteur, ça marche aussi. Oui, il y a encore des gen-te-s qui écoutent des CDs!) , bref, aérez-vous l’esprit !
  6. Vous êtes également important-e. Pour conclure tout ça, je dirais qu’il faut également penser à soi. Parce que peu de personnes ont les moyens (qu’ils soient psychologiques, financiers ou autres) de dédier leur vie à « la cause », et que ce n’est pas toujours un idéal en soi, il ne faut pas oublier que l’on compte aussi. Penser parfois à soi avant de penser au reste ce n’est pas être égoïste ou traître-sse. Nous ne devrions jamais oublier que qui que l’on soit, nous sommes important-e-s et que nos rêves et idéaux le sont aussi.

J’espère que ce petit article vous aura plu. Il ne se veut pas exhaustif, alors donnez-nous vous aussi vos petits conseils en commentaires.

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I send you green vibes,

   E.

Culpabilisation écologiste et greenwashing, ou pourquoi on ne sauvera pas le monde en consommant « eco-friendly »

Bonjour tout le monde (ou bonsoir, tout dépend),

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article que j’ai pris du temps à penser, repenser, écrire et réécrire, tant le sujet m’est apparu vaste et compliqué à aborder de manière adéquate. Mais je suis finalement contente de vous le partager car il s’agit d’une question qui me tient à coeur, qui me fait toujours beaucoup réfléchir et qui a quelques fois donné lieu à des discussions très intéressantes.

Sans oublier que le but de ce qui va suivre n’est pas de livrer une analyse exhaustive du problème (loin de là), mais plutôt de partager avec vous un aspect de ma réflexion personnelle qui sera certainement amenée à encore évoluer.

Je compte donc sur vous pour nous dire ce que vous en pensez.

Je viens donc aujourd’hui pour vous parler de la culpabilisation des individu-e-s et de la logique du sauvetage de l’environnement par une consommation écolo, de l’achat aussi puissant qu’un bulletin de vote, et cetera (tu connais la chanson).

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La culpabilisation écologiste c’est ce procédé assez relou qui consiste à t’expliquer que quoique tu fasses, ça ne sera jamais assez; que puisque chacun de tes achats a un impact sur la demande, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même si les grandes industries dont tu consommes les produits polluent autant. Quelque part, c’est ce que t’as demandé. Selon cette approche, la consommatrice ou le consommateur aurait une responsabilité égale à celle des grandes entreprises émettrices de gaz à effet de serre (et autres joyeusetés).

Si cette approche est vraiment biaisée (j’essaie d’expliquer pourquoi plus bas), les grandes entreprises, qui ont vu dans l’intérêt croissant des gen-te-s pour l’écologie un outil de marketing, n’ont pas tardé à se l’approprier. On parle alors de greenwashing, moins communément appelé éco-blanchiment, en français.

Le greenwashing, qu’est ce que c’est précisément ?

Selon le site Internet greenwashing.fr: « Le greenwashing […] consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique. C’est le fait souvent, de grandes multinationales qui […] par leurs activités polluent excessivement la nature et l’environnement. […] ».

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Si on peut penser en premier lieu aux nombreuses grandes marques de l’agroalimentaire qui proposent une gamme de produits biologiques, le site nous indique que dans certains cas, la pratique du greenwashing ne se joue que dans la communication, sans changement quelconque de politique de l’entreprise (Le site montre, parmi ses exemples, celui d’une chaîne de fast food connue, dont le nom commence par « M » et finit par « Donald’s », et qui s’est contentée de verdir son logo auparavant rouge.)

Il est vrai cependant que certaines entreprises adoptent parfois de réelles mesures qui visent à réduire leur empreinte sur l’environnement.

Ainsi, en 2011, l’ONG environnementale Greenpeace lançait la campagne « Detox » avec pour but d’amener les grandes marques de l’industrie textile à abandonner les onze substances les plus chimiques d’ici 2020. Cette campagne enjoignait de plus ces entreprises à mettre en place un système d’élimination des autres substances chimiques; les entreprises s’engageaient alors à une transparence totale vis-à-vis des consommatrices et consommateurs et des habitant-e-s vivant près des cours d’eau pollués par les usines.

Quatre ans après le lancement de cette campagne, Greenpeace partageait dans cet article  un bilan de la campagne; on y lit que 16 des entreprises qui se sont engagées auprès de l’ONG ont « réalisé des progrès tangibles et peuvent être considérés comme des ‘leaders de la Detox' ». Mais qui sont donc ces leaders? Si l’on regarde les entreprises citées, on remarque qu’il s’agit des plus importantes dans le domaine du textile, notamment connues pour leur total manque d’éthique et le bafouement des droits humains et des droits des travailleuses et travailleurs.

Si la campagne de Greenpeace est très importante et impactante, peut-on réellement considérer que ces marques ont une démarche écologiste ? Puisqu’il est important de se souvenir que l’écologisme est un projet politique global et pas seulement environnemental, je dirai que les éthiques humaine, environnementale et animale (tant qu’à faire, rêvons jusqu’au bout !) ne doivent pas et ne peuvent pas se passer les unes des autres.

Je ne crois pas qu’il s’agisse, dans le cas de cette campagne, de greenwashing car les entreprises sont réellement amenées à revoir leurs manières de produire et à s’interroger sur leur impact environnemental et sanitaire. Mais n’en résulterait-il pas la déculpabilisation de ces énormes entreprises dont l’existence même présente un problème écologiste en général et environnemental en particulier?

Par ailleurs, s’il est certain qu’en tant que consommatrice ou consommateur nous avons un petit pouvoir, il ne faudrait pas totalement se leurrer. Il est normal que l’on essaie, chacun-e à notre mesure de changer nos modes de consommation; il est évident que l’on ne peut pas continuer à vivre et consommer comme avant. Mais ce que l’on appelle la « consom’action » montre bien vite ses limites.

La « consom’action », qu’est-ce que c’est ?

Selon Wikipédia (oui, on fait avec les sources qu’on a), « la consom’action […] exprime cette idée selon laquelle on peut ‘voter avec son caddie’ en choisissant à qui l’on donne son argent, en choisissant de consommer de manière citoyenne et […] plus seulement de manière consumériste. »

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Le mode de « consom’action » base son raisonnement sur la logique d’offre et de demande (Comme je suis très loin de m’y connaître en économie, je te mets ici la définition.) « Si l’on cesse d’acheter, ils cesseront de produire! » La logique semble implacable. Mais les lois du marché (et là j’écris en te faisant croire que je comprends quelque chose aux lois du marché) ne fonctionnent pas ainsi. Cet article nous montre par exemple que si la consommation de viande a diminué en France ces dernières années, son exportation a augmenté. Il est écrit que: « Pour la filière bovine française, la nécessité de développer les exportations est également dictée par la baisse structurelle de la consommation. » Grosso modo, au moins on consomme de viande en France, au plus des animaux sont abattus pour l’exportation (et crois-le, je ne te dis pas ça pour que tu manges de la viande en te disant que dans tous les cas, tu ne peux rien y faire).

Cette logique des « petits gestes individuels » trouve également sa limite dans la réalité de la répartition des ressources. Parce que défendre que si chacun-e faisait attention aux emballages de sa nourriture, il y aurait beaucoup moins de plastique dans les océans (parce qu’une petite action fois sept milliards, trois fois par jour, ça fait beaucoup), ça ne fait pas grand sens lorsque l’on connaît le nombre de personnes qui dans le Monde ne peuvent pas manger à leur faim (et qu’on apprend au passage que les filets de pêche abandonnés représentent environ 46% du plastique présent dans les océans – si tu ne me crois pas, lis ça).

Mais une fois qu’on a posé tout ça, il ne faut pas oublier que malgré tout, le boycott économique est un outil politique dont il est important de s’emparer. Et parce que c’est normal de ne pas vouloir donner son argent à des grandes entreprises qui exploitent des humain-e-s et qui bousillent l’environnement (et parfois ta santé au passage); mais que si tu n’as pour le moment pas une « consommation irréprochable » (comme moi), c’est pas très grave, parce que c’est pas évident (pour ne pas dire impossible). Et parce que non, c’est pas parce que face aux industries notre action ne prend pas beaucoup de place que l’on doit faire couler le robinet toute la journée et acheter des tonnes de plastique qu’on jettera ensuite par terre. Et que oui, agir au mieux en accord avec ses idées et ses valeurs, quelque soit l’échelle et quelque soit l’impact, ça fait du bien au moral (et ça aussi, c’est important).

Sur ce, passez une bonne journée (ou une bonne soirée, tout dépend), et n’hésitez pas à nous dire en commentaire ce que vous avez pensé de tout ça.

I send you green vibes,

E.