Protège ta santé, boycotte le fluor

Bonjour à tous et à toutes !

Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui, s’il ne semble pas passionnant de prime abord mériterait qu’on y accorde un peu d’attention. Je vais te parler de dentifrice et des mensonges qu’on nous fait avaler depuis tout-e petit-e sur le fluor.

Le dentifrice a un impact sur notre santé; il est en contact direct avec nos muqueuses et nous en avalons tous les jours, ce qui, en fonction de sa composition, peut occasionner quelques dégâts. Je ne parlerai même pas de l’impact sur l’environnement (#PollutionDesEauxEtPlastiqueÀGogo) .

C’est après avoir vu le documentaire de Audrey Gloaguen sur France 5 Fluor, un ami qui vous veut du mal (je te le recommande fortement mais je n’ai pas réussi à trouver de lien, sorry) que je me suis dit qu’il me fallait absolument écrire cet article. Le texte qui va suivre s’appuie cependant davantage sur mes recherches personnelles.

J’ai commencé mes recherches sur la molécule de fluor, tant vantée par les industries pharmaceutiques, et censée préserver tes dents de toute vicissitude. Et pas besoin de chercher très loin, les problèmes arrivent déjà : sur la page Wikipédia du Fluor je trouve : « Aux conditions normales de température et de pression, le corps simple fluor se présente sous forme de difluor F2, un gaz diatomique jaune pâle, très toxique et extrêmement corrosif. » Si tu te demandes ce que signifie diatomique, ça veut simplement dire que la molécule de fluor est composée de deux atomes. Je ne crois pas en revanche que tu aies besoin que je te traduise « très toxique et extrêmement corrosif ». Je t’accorderai certes que se faire retirer une carie n’est pas une partie de plaisir mais il y a quand même des priorités dans la vie. Bien sûr il se peut que le fluor contenu dans le dentifrice ne soit pas sous la forme de difluor et ça change bien des choses.

Je me suis donc renseignée sur la forme que prend le fluor dans nos dentifrices.

En tapant les mots : « dentifrice fluor » sur Ecosia je tombe sur des centaines de publicités pour dentifrices. Je clique sur la première pour regarder la composition du produit en question:

On peut lire, au milieu de noms étranges qui feraient pâlir d’envie un grimoire de potions « sodium fluoride « . Je le tiens ! Internet nous facilite la vie, je tape donc « sodium fluoride » dans ma barre de recherches et sur Wikipédia (pour changer), je trouve ce que je cherche :  » Le fluorure de sodium est très toxique, et le seul fait de respirer ou de l’inhaler peut être dangereux. Il affecte le système circulatoire, le cœur, le squelette, le système nerveux central et les reins. À terme, il peut même causer la mort. D’autre part, il est très irritant pour la peau, les yeux et le tractus respiratoire. »

Voilà donc ce que tu appliques sur tes dents tous les jours – matin et soir si tu es une personne consciencieuse. Je sais pas toi, mais j’ai préféré arrêter.

J’aurais pu m’arrêter là mais j’ai quand même cherché un poil plus loin, sur la page « dentifrice » de Wikipedia (comme tu le vois mes recherches sont plutôt accessibles à tou-te-s). Je t’épargnes les dix chapitres sur le sujet, voici l’un des passages les plus croustillants :

« Certains types de dentifrices peuvent provoquer des nausées ou la diarrhée s’ils sont ingérés en trop grande quantité. Chez les très jeunes enfants, un empoisonnement aigu au fluorure peut survenir après ingestion d’aussi peu que un pour cent d’un tube de pâte dentifrice aromatisée pour enfants. »

Appétissant!

Mais ne désespère pas, il existe des tas de dentifrices sans fluor et non-toxiques, avec une ribambelle d’arômes différents pour tes papilles sensibles. Si tu as l’envie et le courage, tu peux aussi faire ton dentifrice toi même, c’est encore plus écologique; tu trouveras des dizaines de vidéos sur le net et peut-être même qu’on te livrera un jour notre recette.

Je te fais des bisous (avec une haleine peut être pas aussi fraîche qu’avec du Elmex mais tu me pardonneras!)

A.

Végéta*isme et carences #1 : Le fer

Bonjour à tou-te-s !

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article plutôt pratique que théorique, qui je pense (j’espère), vous sera utile.

Il s’agit de quelques conseils pour éviter les carences lorsque l’on adopte (ou que l’on a déjà), une alimentation végéta*ienne (végétalienne ou végétarienne, donc). Bien sûr si ce n’est pas votre cas, vous êtes tout de même invité-e à rester (surtout si vous consommez peu de produits issus de l’exploitation animale) ; ça ne fait de mal à personne de mettre davantage de vert dans son assiette !

Il s’agit de petites astuces qui m’aident au quotidien (parce que je suis du genre à angoisser de manquer d’à peu près tous les nutriments), mais il est clair que je ne suis ni doctoresse ni nutritionniste.

(Je vous recommande d’ailleurs vivement de faire un tour dans la catégorie « Nutriments » du site « Vegan Pratique »).

Quand j’étais plus jeune, alors que je mangeais des produits carnés, j’ai été plusieurs fois carencée en fer ; j’ai refait des analyses de sang il y a quelques mois (alors que je ne consommais déjà plus de produits issus de l’exploitation animale) , et tout était parfait. (Je pense en refaire durant l’année qui vient, histoire d’être sûre, parce que comme je t’ai dit ça me préoccupe un peu trop, mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en faire très souvent.) La preuve que l’on peut avoir une alimentation végéta*ienne suffisamment riche en terme de nutriments (pense tout de même à te complémenter en vitamine B12 – oui, ça vaut aussi pour les végétarien-ne-s).

Il est important de noter que les personnes réglées sont plus sujettes aux carences en fer dont elles perdent quelques microgrammes durant la phase de saignements de leur cycle menstruel.

Avant de passer aux conseils, je vous mets un extrait de la fiche de l’ANSES sur le fer: Les « Les ANC [Apports Nutritionnels Conseillés] en fer ont été fixés de manière à assurer des réserves convenables. Ils ont été estimés à 9 mg/j pour [les personnes non-réglées] et à 16 mg/j pour [les personnes réglées]. Ils varient de 7 à 14 mg/jour chez les enfants de 3 à 17 ans. »

(Simili-parmesan en fer pour les véganes frustré-e-s et carencé-e-s) 😉

Voilà, maintenant que vous êtes au courant des recommandations officielles et que vous savez que je ne suis pas une spécialiste dans le domaine de la santé, allons-y !

Conseil n°1 : Essaie d’avoir une portion de fer à chaque repas, en variant les sources d’apports, pour davantage de plaisir ! Lentilles vertes, pois chiches, tofu en tout genre, amandes, quinoa (de France, s’il-te-plaît, raisins secs, cassis, etc. En adaptant tes repas selon tes envies, tu peux trouver tout ce dont tu as besoin!

Conseil n°2: Ne te prends pas non plus trop la tête. S’il t’arrive de manger sur le pouce (#PâtesÀLaSauceTomateVie) ou d’oublier d’incorporer une source fer dans ton repas, c’est vraiment pas très grave, tu te rattraperas plus tard.

Conseil n°3: Vas-y mollo sur le café, mais pas sur le citron! Le tanin, qui est une substance végétale présente notamment dans le thé et dans le café, rend l’absorption du fer non-héminique (le fer présent dans les végétaux) moins évidente pour notre organisme; alors sans te priver pour autant, si tu peux, réduis ta consommation. (Pour ma part, je me limite à une tasse de thé ou de café par jour, même s’il m’arrive occasionnellement d’en boire plus – encore une fois, ce n’est pas la peine de se prendre la tête.) En revanche, la vitamine C facilite l’assimilation du fer non-héminique, et c’est pour ça qu’il est conseillé d’en ajouter à ses plats. (Même si présenté ainsi, ça ne te dis trop rien, je te conseille de goûter les lentilles vertes avec un filet de citron et d’huile d’olive. C’est délicieux !) (Et voici une liste des produits riches en vitamine C.)

Conseil n°4: Si besoin est, tu peux prendre des compléments. (Fais toutefois attention au surdosage, et demande toujours son avis à un-e professionnel-le de la santé !) Je sais que c’est basique comme conseil, mais je sais aussi que parfois, on a l’impression que devoir se complémenter quand on est végéta*ien-ne ferait perdre de la crédibilité à la lutte (enfin peut-être que le végéta*isme ce n’est pas un combat pour toi, hein). Mais ce n’est pas vrai du tout et les gen-te-s qui pensent (oui qui se forcent à croire, c’est à se de mander parfois) que végéta*isme est synonyme de carences ne méritent certainement pas que tu négliges ta santé (d’ailleurs, personne ne mérite ça). Que ce soit pour les personnes malades ou pour les personnes en bonne santé, il s’agit justement d’éviter de se retrouver avec davantage de soucis médicaux. De plus, les végéta*ien-ne-s ne sont pas les seul-e-s à être sujet-te-s aux carences. Et puis si tu te complémentes et que tu n’as pas envie de le dire, rien ne t’y oblige.

Voilà, voilà, c’en est fini de mes petits conseils. Je te le répète une dernière fois (après tu vas en avoir marre), mais rien ne vaut l’avis d’un-e expert-e.

Mais n’oublie quand même pas de prendre ta B12 ! (Oui, c’est un ordre.)

I send you veggie vibes,

E.

Pensées des lectrices et des lecteurs #1: L’idée écolo du jour ; prends un-e con-ne, plante un arbre

(Bonjour à tou-te-s. On vous retrouve aujourd’hui avec le premier article de la catégorie « Pensées des lectrices et des lecteurs ». C’est An. qui nous fait l’honneur d’introduire cette série avec le texte qui suit, bonne lecture !)

Prends un-e con-ne, plante un arbre.

Une idée bête et méchante, à l’image de celles et ceux qui sont prêt-e-s à échanger nos arbres contre des billets. À celles et ceux cyniquement posté-e-s le cul à l’air au faîte de la planète-industrie et qui regardent leurs déjections nous tomber dessus de plus en plus abondamment.

Pour nous débarrasser intelligemment de ces crétin-e-s qui se croient plus malins et malignes que les autres, parce que leur radeau de survie possèdera des chiottes feuilletées à l’or fin, lorsque d’autres devront apprendre à nager dans les eaux mouvantes des mers gonflées par le réchauffement climatique.

Pour leur épargner l’air benêt qu’iels* ne sauront éviter de prendre face à l’évidence qu’iels n’auront pu quitter à temps la planète qu’iels auront emmerdée de si longues années durant, et leur éviter la chute – forcément, plus grande que la nôtre, nous petites gens- du haut de leurs empires politico-médiatico-financiaro-mescouilliens.

En somme, pour rendre justice à notre Terre, au vivant dans son ensemble; pour rééquilibrer les chances des plus démuni-e-s, et rendre un fier service à celles et ceux qui tomberont de trop haut pour comprendre ce qui leur arrive, effectue ta Bonne Action écolo du jour: prends un-e con-e, plante un arbre.

Rien de bien compliqué, tu peux le faire d’à peu près n’importe où que tu te trouves -et je t’enjoins même à réitérer autant de fois que tu trouveras sur ton passage un-e con-ne prêt-e à être planté-e. Comment le/la reconnaître ? C’est simple : n’importe quel-le membre du gouvernement actuel (pas de préférence, iels donneront tou-te-s de solides racines une fois semé-e-s), ou d’un gouvernement passé (encore en vie, il va de soi. Les corps en décomposition ne sont pas recommandés pour les débuts de vie d’un arbre. Donc, tu es gentil-le, tu laisses Jean-Marie tranquille, même Monsanto n’a pas créé un désherbant pareil); n’importe quel-le journaliste tranquillement assis derrière son prompteur ou caché derrière ses lignes éditoriales droitières; n’importe quel-le climato-sceptique (espèce À NE PAS protéger selon WWF); n’importe quel-le négationniste, réactionnaire en herbe ou confirmé-e, conservateur ou conservatrice ridé-e qui, entre deux ratés du cœur, dit « c’était mieux avant »; n’importe quel-le libéral-e qui pense que gagner de l’argent, « c’est ce quil y a de mieux à faire dans ce monde de pourri-e-s », tout en étant pourri-e iel-même. Bref, n’importe quel-le con-ne appartenant à la doxa dominante et qui ne jette même pas un œil à la pendule climatique dont les aiguilles approchent dangereusement du gong. Enfin, n’importe qui doutant du bien-fondé des mouvements écologistes – antiracistes et anticolonialistes, LGBT+, féministes, de défense de la cause animale, …- fera l’affaire.

Prends le ou la con-ne.

Creuse un trou assez profond pour qu’iel y rentre en entier.

Plante le ou la con-ne, la tête en bas, en ne laissant dépasser que les pieds.

Ajoute une graine, de préférence celle d’un grand arbre : cette planète doit respirer (d’où la double utilité d’enlever de sa surface surpeuplée les con-ne-s, et de les transformer en beaux ramages verts).

Recouvre le tout de terre saine et riche (tu vois le petit bidon rouge et jaune fluo qui traîne dans ton garage ou celui de ta grand-mère et sur lequel il est écrit « Engrais » ? Laisse-le là où il est. Merci.)

Chaque jour, arrose amoureusement le ou la con-ne et sa graine.

Bientôt, un arbre poussera. Il te procurera de l’ombre et renouvellera ton air, au lieu de te le pomper et de te le retourner vicié. Il te rendra bien le soin que tu lui auras porté, au lieu de te demander d’arrêter de te plaindre et de le remercier pour la pollution de ton espace de vie et de ton cerveau rendues possibles par sa crasse ignorance. En somme, à l’inverse du ou de la con-ne désormais traversé-e par ses racines, l’arbre que tu auras aidé à naître t’octroiera calme, paix, santé et bien-être. Pour toi et ton entourage, humain ou non.

*iels : contraction de « ils » et « elles » ; pronom inclusif. Nous croyons au pouvoir émancipateur de l’écriture inclusive, non-genrée. Si, dans un premier temps, elle peut rendre la lecture un peu fastidieuse, elle finira par laisser place à l’habitude (cf. Editions CAMBOURAKIS, qui emploient différents types d’écriture inclusive).

Si tu as aimé l’article de An. et que tu veux toi aussi publier un article, écris-nous! leslabiorantines@laposte.net)

L’écriture inclusive est nécessaire, n’en déplaise aux académicien-ne-s

Salut à tou-te-s !

On vous retrouve aujourd’hui pour un article imprévu, que l’on a jugé nécessaire d’écrire suite à un petit incident que nous allons vous expliquer rapidement.

On est samedi, et alors qu’on traîne sur Internet, on tombe sur un blog qui tient lieu de journal participatif où différentes personnes sont amenées à s’exprimer sur des sujets divers. Alors qu’on parcourt la section « Société », on tombe sur un article intitulé « L’écriture inclusive ou la mort de la langue française » (Là, c’est le moment ou toi aussi tu commences à tiquer.)

Cet article nous explique, à grand renfort d’antiféminisme primaire, en quoi la lutte pour une langue non-genrée ne se contente pas d’être inutile et absurde mais nuirait en plus à « la plus belle langue du Monde » (le Français, tu l’auras compris – what else ? ).

Sur ce, très légèrement titillées par l’enchaînement de clichés sexistes et psychophobes, entre autres, et alertées par l’illustration absolument immonde de LGBTQphobie (nous vous en épargnerons la description) , on écrit un commentaire à l’auteur. Dans ce commentaire on explique poliment en quoi on juge l’écriture inclusive nécessaire et pourquoi les arguments exposés dans l’article nous semblent impertinents.

Quelques heures plus tard, alors qu’on se rend sur le site pour voir si l’auteur a répondu, on se rend compte que le commentaire a disparu. (#LesFéministesVousÊtesPasOuvertesÀLaDiscussion)

La colère passée, nous nous sommes dit que tant mieux, ça ferait l’objet d’un article à part entière, que l’on aurait eu le temps de mieux construire et réfléchir.

Dans cet article, nous allons donc vous livrer quelques-unes de nos réflexions sur l’utilisation du langage comme outil de domination et sur la nécessité d’affirmer encore et toujours l’importance de l’écriture inclusive.

Nous jugeons également important de réaffirmer que la lutte contre le patriarcat, la domination masculine et le système de genre doit faire partie intégrante de l’écologisme politique.

https---www.causeur.fr-wp-content-uploads-2017-11-ecriture-inclusive

Dans un premier temps, il est indispensable de percevoir la langue comme outil de domination politique. La langue française, dans le domaine, s’illustre par son passé et son présent coloniaux. Nous ne développerons pas sur ces sujets-là, qui demanderaient des articles à eux seuls, que nous ne sommes pas habilitées à écrire.

En France, la langue officielle est réglementée par l’Académie française dont, selon Wikipédia, « la fonction est de normaliser et perfectionner la langue française ». Il nous semble important de rappeler que, sur trente-six académicien-ne-s, seulement cinq sont des femmes (ce qui nous fait donc trente-et-un hommes, dont un autoproclamé philosophe, connu pour ses moult prises de positions racistes – entre autres). Et l’Académie française, qui se porte « garante de l’avenir [..] lance un cri d’alarme : devant cette aberration ‘inclusive’ […] la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. » (Arrête de rire s’il-te-plaît, et reprend ton souffle pour la suite.) (Mais si tu veux quand même te bidonner un peu, on t’invite à lire le rapport de l’Académie française sur la catastrophe planétaire que représenterait l’adoption de l’écriture inclusive.)

Quoiqu’en dise l’Académie française, c’est le peuple qui fait la langue et les différents argots et parlers dont elle s’enrichit sans cesse ne sauraient être codifiés par une institution supérieure. (On ne remet pas ici en cause la nécessité de réglementer la langue de manière générale.)

Dans l’introduction de son livre Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir nous explique comment, par la définition du masculin comme Absolu, le féminin est relégué à la position de l’Autre. C’est exactement ce que l’on observe dans la langue française où le masculin est posé comme neutre. Or, incroyable mais vrai, le masculin n’est pas neutre. La fameuse règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est pas une expression dénuée de sens profond mais bien l’illustration concrète d’un système global de pensée.

Nous allons donc, à travers l’analyse et la déconstruction du soi-disant raisonnement de notre très cher ami censeur (qui présente des arguments communs chez les opposant-e-s à l’écriture inclusive), vous montrer en quoi l’écriture inclusive est nécessaire, du moins pour l’instant, à l’émancipation des femmes et que derrière la lutte contre son adoption se cache un attachement à la domination masculine.

(On ne joindra pas ici le lien de l’article, mais tu nous remercieras plus tard.)

L’auteur de l’article commence par nous accorder, avec la bonne volonté qui, soyons-en sûr-e-s, le caractérise, que « féminiser » (Ce n’est pas nous qui mettons les guillemets) la langue est un combat honorable – il emploiera la suite de son article à nous démontrer en quoi la féminisation de la langue n’est pas un combat honorable.

Après nous avoir écrit qu’il s’agissait d’un projet absurde, il note que cette lutte participe à « l’augmentation du ras-le-bol intégral envers les féministes » – le gars ne mâche pas ses mots. Ben oui, ce sont les féministes qui créent l’antiféminisme, tu ne l’as quand même pas oublié ? Tu ne vas pas me dire que tu croyais que c’était un effet du patriarcat qui, à chaque tentative des femmes de se libérer de son joug, ne tarde pas à leur renvoyer le bâton dans la tête ? Ce même féminisme dont les partisan-e-s, nous explique le rédacteur de ce merveilleux texte, voudraient « la destruction du français comme langue universelle ». En dehors du fait que cette phrase ne veut strictement rien dire, notre cher ami censeur, plutôt que de se targuer de l’universalité du français, ferait mieux de se souvenir dans quel contexte il s’est imposé comme « langue universelle »…

Suite à cette remarque d’une grande pertinence, notre cher L. (c’est ainsi qu’il signe) nous expose la pensée suivante: « Aujourd’hui la femme [à prononcer « la fâme », selon l’Académie française] se sent attaquée parce que ‘le masculin l’emporte sur le féminin' », nous suggérant ainsi que la féminisation des mots et l’écriture inclusive sont une lubie des féministes d’aujourd’hui, des fameuses Social Justice Warriors (SJW) qui sévissent en ligne.

Il serait bon qu’il se souvienne, ou qu’il apprenne, que la langue française n’a pas toujours été dictée par ces règles oppressives. C’est en effet au XVIIIème siècle que l’emploi du féminin a largement été réduit dans la langue française. Auparavant, des expressions telles que « philosophesse », « apprentisse » ou « doctoresse » étaient employées. De quoi faire dresser les cheveux de nos académicien-ne-s ! C’est également au XVIIIème siècle qu’a été officiellement abandonnée la règle de l’accord de proximité. (Réac’ quand ça t’arrange, pas vrai ?)

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BD de Joy: https://www.facebook.com/joylilworld/

L’auteur de l’article qui a motivé le nôtre s’étonne également que les défenseuses et défenseurs de l’écriture épicène (non genrée) revendiquent la féminisation des métiers lorsqu’il s’agit de doctoresses ou d’autrices, mais pas lorsqu’il s’agit d’éboueuses, de chauffeuses ou de plombières, qui « ne mériteraient pas qu’une femme y mette les pieds ». En faisant ainsi passer les féministes pour des princesses bourgeoises (plutôt écolos, les antiféministes, à toujours recycler leurs « arguments »), il affiche son mépris de classe (qu’il prétend dénoncer) et invisibilise les expériences de femmes appartenant à ces corps de métiers. Parce que ce qu’il nous écrit là est totalement faux. Le projet d’une écriture inclusive concerne absolument tous les aspects de la langue. Il nous dit aussi, à propos des métiers de docteurs, auteurs et médecins que « les femmes peuvent elles aussi réussir dans ces domaines ». (Le mec se serait renseigné ne serait-ce que deux minutes sur les inégalités dans le monde du travail, qu’il aurait compris que sa phrase méritait d’être précisée.)

Il explique aussi que si une étudiante échoue à l’université ou qu’un homme bat sa femme (on notera la délicatesse et la pertinence du rapprochement entre les deux), ce n’est pas à cause de la grammaire française. On a une bonne nouvelle pour toi mon pote : personne n’a jamais prétendu ça. Et si tu pouvais éviter d’expliquer qu’un homme qui bat sa femme c’est parce qu’il est « mentalement malade », on t’en serait tou-te-s reconnaissant-e-s (les malades mentales et mentaux et les femmes en particulier).

On approche de la fin de l’article quand l’auteur nous conseille de prioriser la lutte contre les violences faites aux femmes (les vraies violences, tu vois, pas les violences symboliques comme « le masculin l’emporte »), les inégalités salariales (ah, on a fini par lui dire que le travail était un secteur inégalitaire ?) ou les harcèlements sexuels. Oui, je sais que tu t’y attendais ; qu’il finisse son article en expliquant aux femmes comment combattre la domination masculine qu’il défend tout au long de son article. Mais tu finis par avoir l’habitude, pas vrai ? Tu sais que l’écriture inclusive, c’est comme la « taxe rose », c’est comme le harcèlement de rue, c’est comme le prix des tampons ou le congé menstruel, ça passe après. C’est futile tout ça.

Tiens-toi le pour dit: « Si […] le premier ministre Edouard Philippe a banni l’écriture inclusive des textes officiels […] [c’est pour] protéger l’image de la France et sa culture. » La France, donc, ne peut pas se permettre de « féminiser » sa langue, cela risquerait de lui faire perdre la face à l’international…

Qu’il le veuille ou non, la culture et la langue sont amenées à évoluer et son rejet de l’écriture inclusive s’inscrit largement dans le chauvinisme dont il fait preuve tout au long de l’article.

Mais si cet article semblait intéressant pour nourrir le nôtre (et pas pour son contenu, tu l’auras compris), c’est parce qu’il illustre bien que, derrière cette défense du « patrimoine linguistique », c’est bien le maintien d’un ordre patriarcal qui se joue, consciemment ou non.

La partie immergée de l’iceberg offre de solides bases au patriarcat, et il importe de le combattre partout où il se trouve.

On terminera en disant qu’en dehors d’une prise de position que l’on juge nécessaire, cet article est là pour dénoncer le fait que notre réponse à l’article initial a été supprimée. Parce qu’on aurait très bien pu choisir de se taire, ce qui nous a été explicitement intimé. Parce que ce qui se joue là, ce n’est pas notre égo, c’est le fait qu’en tant que femmes on nous invisibilise doublement : dans la langue et par la « censure » de nos idées (particulièrement lorsqu’elles vont dans le sens de notre libération), que ce soit comme ici par un effacement pur et simple, par la violence verbale ou juste parce que l’on a intégré qu’il fallait nous taire.

Alors si toi aussi t’es plutôt « langue de Beauvoir » que « langue de Molière », n’hésite pas à nous dire ce que tu as pensé de tout ça et n’oublie jamais que ta parole est importante.

(Et pour celles et ceux qui trouvent que l’écriture inclusive, c’est pas le top de l’esthétique, on vous invite à lire les livres de la maison d’édition Cambourakis qui sont édités avec des formes variées d’écriture inclusive; on s’y fait très rapidement.)

We send you feminist vibes,

A. et E. (merci à Joy pour la libre utilisation de son dessin, à S., A., C., M. et E. pour la relecture)

Petites astuces pour garder le moral quand on milite

(Je me base dans cet article sur le cas du militantisme environnementaliste. Il s’agit d’un exemple et ces conseils sont bien entendu applicables aux autres luttes de justice sociale.)

Salut tout le monde !

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article que, je crois, j’aurais bien aimé lire moi-même à certains moments. Il s’agit de six astuces à utiliser pour se préserver quand on milite (quelque soit la forme que prend notre militantisme). Parce qu’on perd parfois espoir, qu’il nous arrive d’arrêter d’y croire et d’avoir envie de tout arrêter, je pense qu’il est important de se préserver également. Ces conseils sont tirés de mon expérience personnelle, n’hésitez pas à nous partager les vôtres.

Allons-y !

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  1. S’entourer des gen-te-s qui partagent nos préoccupations. Parce que nous sommes souvent confronté-e-s à des situations catastrophiques sur divers plans et parce que l’on a sans doute tou-te-s pensé à un moment ou a un autre: « Si seulement j’avais pu ne jamais ouvrir les yeux sur ces réalités… » Parce qu’on peut se sentir désemparé-e face au déni ou au mépris de nos proches vis-à-vis de ces situations. Parce que rester uniquement entre personne engagé-e-s ne va pas changer le Monde en un claquement de doigts, mais parce que ça nous en donne parfois l’illusion et que ça fait du bien.
  2. Déconnecter. Faire des pauses, c’est essentiel. Surtout quand la tâche est à ce point prenante et usante émotionnellement et intellectuellement. Pour se préserver et parce qu’on ne peut pas être efficace si on ne se repose jamais. Alors prenez du temps (une semaine, un mois, un trimestre, une année,…)  pour vous et retournez-y quand vous vous sentirez prêt-e.
  3. S’autoriser à être triste et/ou en colère. Oubliez les « good vibes only » et autres injonctions au bien-être. Comme si c’était facile et qu’il suffisait de lire deux-trois citations inspirantes trouvées sur Pinterest pour que, hop, tout aille bien dans notre coeur et dans notre tête. Je dois aussi dire que face à certaines situations, la colère me semble être une réaction très saine. Et c’est normal de se sentir parfois frustré-e et/ou désespéré-e. Et il est très important de se souvenir que nous ne n’avons pas tou-te-s la même fragilité mentale.
  4. Ne pas laisser notre optimisme être entaché. Je crois qu’il existe trois catégories d’environnementalistes : les éternel-le-s optimistes qui sont convaincu-e-s qu’on réussira à sauver l’humanité, les ours polaires et les orang-outans (je ne serais pas étonnée d’apprendre qu’au plus le temps passe au plus leurs rangs rétrécissent) ; les « naturellement » pessimistes (c’est une question de tempérament et de caractère… ou de réalisme…) qui doivent bien, derrière leur défaitisme cacher un peu de l’espoir qui les motive à lutter; et enfin les personne qui, comme moi, s’efforcent de nourrir leur optimisme à renfort de bonnes nouvelles (qui sont certes rares mais qui ont le mérite d’exister) et de lectures enrichissantes, afin de ne pas sombrer dans le pessimisme (Il ne s’agit pas, bien entendu, de nier l’aspect dramatique de la situation.). Alors quelque soit son intensité, ne laissez pas cette précieuse lueur être abimée. Alimentez-la, et si elle venait à faiblir, n’oubliez pas qu’elle s’enrichit de chaque lumière dont elle croise la route.
  5. Se trouver d’autres activités. Parce que le militantisme (sous toutes ses formes) c’est prenant, intéressant, enrichissant et parfois satisfaisant mais ça l’est d’autant plus quand ça ne devient pas une corvée. Alors faites d’autres activités à côté, allez nager, vous promener, lire, écrire, cuisiner, cueillir des myrtilles, passer du temps avec vos proches ou profiter d’un concert (Un CD dans votre vieux lecteur, ça marche aussi. Oui, il y a encore des gen-te-s qui écoutent des CDs!) , bref, aérez-vous l’esprit !
  6. Vous êtes également important-e. Pour conclure tout ça, je dirais qu’il faut également penser à soi. Parce que peu de personnes ont les moyens (qu’ils soient psychologiques, financiers ou autres) de dédier leur vie à « la cause », et que ce n’est pas toujours un idéal en soi, il ne faut pas oublier que l’on compte aussi. Penser parfois à soi avant de penser au reste ce n’est pas être égoïste ou traître-sse. Nous ne devrions jamais oublier que qui que l’on soit, nous sommes important-e-s et que nos rêves et idéaux le sont aussi.

J’espère que ce petit article vous aura plu. Il ne se veut pas exhaustif, alors donnez-nous vous aussi vos petits conseils en commentaires.

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I send you green vibes,

   E.

Des courges butternut farcies pour un soir d’automne (recette 100% végétale)

Salut tout le monde!

Je vous retrouve aujourd’hui pour une délicieuse recette des soirs d’automne, réconfortante et idéale si vous recevez des gen-te-s à dîner.

Donc si tu ne sais pas quoi faire de cette courge que t’as achetée simplement parce que c’est stylé de dire que tu manges du butternut , t’es bien tombé-e! 

Commençons avec les ingrédients:

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  • Une courge butternut
  • Une courgette
  • 150 grammes de riz
  • Un oignon
  • 2 gousses d’ail
  • 3 cuillères à soupe de levure maltée (c’est optionnel)
  • Du thym (ou du laurier)
  • Du sel

Passons aux différents étapes:

  1. Coupez la courge butternut en deux dans le sens de la longueur et videz-la de ses graines. Enfournez-la pendant 45 min dans un four que vous aurez préchauffé à 200°C.
  2. Pendant que la courge cuit, coupez la courgette en dés et mettez-la à revenir dans une poêle, anti-adhésive de préférence, sinon avec un peu d’huile de cuisson. Laissez cuire la courgette à feu doux pendant 20 minutes (pour ma part, j’aime bien ajouter un petit peu d’eau en milieu de cuisson).44700965_2257458417807084_8653976084846477312_n 2
  3. Coupez ensuite l’oignon en dés et ajoutez-le aux courgettes (n‘oubliez pas de remuer régulièrement).
  4. Faites bouillir de l’eau avec le gros sel et le thym et faites-y cuire le riz.
  5. Sortez ensuite la courge et enlevez une partie de la chair en laissant un centimètre d’épaisseur environ. Mettez les morceaux de courge à cuire dans la poêle.
  6. Ajoutez-y l’ail coupé en morceaux (n’oubliez pas d’enlever le germe!).
  7. Egouttez le riz et mélangez-y la levure maltée.
  8. Garnissez pour finir vous courges avec le riz et les légumes.44702815_311520719679864_6384766930464538624_n
  9. Enfournez le tout 10 minutes et dégustez!

Bon appétit!

I send you green vibes,

E. (et merci encore une fois à S. pour les photos).

 

(On a mangé ça avec le reste de riz et c’était délicieux!)

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N’hésitez pas à nous envoyer des photos de votre plat si vous avez reproduit cette recette! Nous les partagerons dans un post suivant.

 

Culpabilisation écologiste et greenwashing, ou pourquoi on ne sauvera pas le monde en consommant « eco-friendly »

Bonjour tout le monde (ou bonsoir, tout dépend),

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article que j’ai pris du temps à penser, repenser, écrire et réécrire, tant le sujet m’est apparu vaste et compliqué à aborder de manière adéquate. Mais je suis finalement contente de vous le partager car il s’agit d’une question qui me tient à coeur, qui me fait toujours beaucoup réfléchir et qui a quelques fois donné lieu à des discussions très intéressantes.

Sans oublier que le but de ce qui va suivre n’est pas de livrer une analyse exhaustive du problème (loin de là), mais plutôt de partager avec vous un aspect de ma réflexion personnelle qui sera certainement amenée à encore évoluer.

Je compte donc sur vous pour nous dire ce que vous en pensez.

Je viens donc aujourd’hui pour vous parler de la culpabilisation des individu-e-s et de la logique du sauvetage de l’environnement par une consommation écolo, de l’achat aussi puissant qu’un bulletin de vote, et cetera (tu connais la chanson).

systemechange-not-climatechange.at

La culpabilisation écologiste c’est ce procédé assez relou qui consiste à t’expliquer que quoique tu fasses, ça ne sera jamais assez; que puisque chacun de tes achats a un impact sur la demande, tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même si les grandes industries dont tu consommes les produits polluent autant. Quelque part, c’est ce que t’as demandé. Selon cette approche, la consommatrice ou le consommateur aurait une responsabilité égale à celle des grandes entreprises émettrices de gaz à effet de serre (et autres joyeusetés).

Si cette approche est vraiment biaisée (j’essaie d’expliquer pourquoi plus bas), les grandes entreprises, qui ont vu dans l’intérêt croissant des gen-te-s pour l’écologie un outil de marketing, n’ont pas tardé à se l’approprier. On parle alors de greenwashing, moins communément appelé éco-blanchiment, en français.

Le greenwashing, qu’est ce que c’est précisément ?

Selon le site Internet greenwashing.fr: « Le greenwashing […] consiste pour une entreprise à orienter ses actions marketing et sa communication vers un positionnement écologique. C’est le fait souvent, de grandes multinationales qui […] par leurs activités polluent excessivement la nature et l’environnement. […] ».

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Si on peut penser en premier lieu aux nombreuses grandes marques de l’agroalimentaire qui proposent une gamme de produits biologiques, le site nous indique que dans certains cas, la pratique du greenwashing ne se joue que dans la communication, sans changement quelconque de politique de l’entreprise (Le site montre, parmi ses exemples, celui d’une chaîne de fast food connue, dont le nom commence par « M » et finit par « Donald’s », et qui s’est contentée de verdir son logo auparavant rouge.)

Il est vrai cependant que certaines entreprises adoptent parfois de réelles mesures qui visent à réduire leur empreinte sur l’environnement.

Ainsi, en 2011, l’ONG environnementale Greenpeace lançait la campagne « Detox » avec pour but d’amener les grandes marques de l’industrie textile à abandonner les onze substances les plus chimiques d’ici 2020. Cette campagne enjoignait de plus ces entreprises à mettre en place un système d’élimination des autres substances chimiques; les entreprises s’engageaient alors à une transparence totale vis-à-vis des consommatrices et consommateurs et des habitant-e-s vivant près des cours d’eau pollués par les usines.

Quatre ans après le lancement de cette campagne, Greenpeace partageait dans cet article  un bilan de la campagne; on y lit que 16 des entreprises qui se sont engagées auprès de l’ONG ont « réalisé des progrès tangibles et peuvent être considérés comme des ‘leaders de la Detox' ». Mais qui sont donc ces leaders? Si l’on regarde les entreprises citées, on remarque qu’il s’agit des plus importantes dans le domaine du textile, notamment connues pour leur total manque d’éthique et le bafouement des droits humains et des droits des travailleuses et travailleurs.

Si la campagne de Greenpeace est très importante et impactante, peut-on réellement considérer que ces marques ont une démarche écologiste ? Puisqu’il est important de se souvenir que l’écologisme est un projet politique global et pas seulement environnemental, je dirai que les éthiques humaine, environnementale et animale (tant qu’à faire, rêvons jusqu’au bout !) ne doivent pas et ne peuvent pas se passer les unes des autres.

Je ne crois pas qu’il s’agisse, dans le cas de cette campagne, de greenwashing car les entreprises sont réellement amenées à revoir leurs manières de produire et à s’interroger sur leur impact environnemental et sanitaire. Mais n’en résulterait-il pas la déculpabilisation de ces énormes entreprises dont l’existence même présente un problème écologiste en général et environnemental en particulier?

Par ailleurs, s’il est certain qu’en tant que consommatrice ou consommateur nous avons un petit pouvoir, il ne faudrait pas totalement se leurrer. Il est normal que l’on essaie, chacun-e à notre mesure de changer nos modes de consommation; il est évident que l’on ne peut pas continuer à vivre et consommer comme avant. Mais ce que l’on appelle la « consom’action » montre bien vite ses limites.

La « consom’action », qu’est-ce que c’est ?

Selon Wikipédia (oui, on fait avec les sources qu’on a), « la consom’action […] exprime cette idée selon laquelle on peut ‘voter avec son caddie’ en choisissant à qui l’on donne son argent, en choisissant de consommer de manière citoyenne et […] plus seulement de manière consumériste. »

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Le mode de « consom’action » base son raisonnement sur la logique d’offre et de demande (Comme je suis très loin de m’y connaître en économie, je te mets ici la définition.) « Si l’on cesse d’acheter, ils cesseront de produire! » La logique semble implacable. Mais les lois du marché (et là j’écris en te faisant croire que je comprends quelque chose aux lois du marché) ne fonctionnent pas ainsi. Cet article nous montre par exemple que si la consommation de viande a diminué en France ces dernières années, son exportation a augmenté. Il est écrit que: « Pour la filière bovine française, la nécessité de développer les exportations est également dictée par la baisse structurelle de la consommation. » Grosso modo, au moins on consomme de viande en France, au plus des animaux sont abattus pour l’exportation (et crois-le, je ne te dis pas ça pour que tu manges de la viande en te disant que dans tous les cas, tu ne peux rien y faire).

Cette logique des « petits gestes individuels » trouve également sa limite dans la réalité de la répartition des ressources. Parce que défendre que si chacun-e faisait attention aux emballages de sa nourriture, il y aurait beaucoup moins de plastique dans les océans (parce qu’une petite action fois sept milliards, trois fois par jour, ça fait beaucoup), ça ne fait pas grand sens lorsque l’on connaît le nombre de personnes qui dans le Monde ne peuvent pas manger à leur faim (et qu’on apprend au passage que les filets de pêche abandonnés représentent environ 46% du plastique présent dans les océans – si tu ne me crois pas, lis ça).

Mais une fois qu’on a posé tout ça, il ne faut pas oublier que malgré tout, le boycott économique est un outil politique dont il est important de s’emparer. Et parce que c’est normal de ne pas vouloir donner son argent à des grandes entreprises qui exploitent des humain-e-s et qui bousillent l’environnement (et parfois ta santé au passage); mais que si tu n’as pour le moment pas une « consommation irréprochable » (comme moi), c’est pas très grave, parce que c’est pas évident (pour ne pas dire impossible). Et parce que non, c’est pas parce que face aux industries notre action ne prend pas beaucoup de place que l’on doit faire couler le robinet toute la journée et acheter des tonnes de plastique qu’on jettera ensuite par terre. Et que oui, agir au mieux en accord avec ses idées et ses valeurs, quelque soit l’échelle et quelque soit l’impact, ça fait du bien au moral (et ça aussi, c’est important).

Sur ce, passez une bonne journée (ou une bonne soirée, tout dépend), et n’hésitez pas à nous dire en commentaire ce que vous avez pensé de tout ça.

I send you green vibes,

E.