Lecture verte #1 : Chroniques altermondialistes – Tisser la toile du soulèvement global

« Il faut accepter de vivre la nuit, de faire monter le désespoir à la surface, afin que l’espoir ne soit pas songe creux, slogans insipides, afin que l’amour soit aussi colère, afin que la lumière affirme les ténèbres. »

« Tisser la toile du soulèvement global », quel beau sous-titre … Le tissage, une activité traditionnellement féminine, forte de son symbole, fut utilisée lors de la Women’s Pentagon Action (Action des Femmes au Pentagone) de 1980. Des femmes menèrent alors une action de désobéissance civile en encerclant le Pentagone états-unien (le quartier général de la défense) pour protester contre la course à l’armement nucléaire. Elles tissèrent tout autour du bâtiment, accrochèrent aux fils des photos de ce(ux/celles) à qu(o)i elles tenaient afin de défendre la vie contre l’impérialisme destructeur. Cette manifestation est perçue aujourd’hui comme un moment majeur du mouvement écoféministe.

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Par Ellen Shub sur Women and Life on Earth

C’est pour son ouvrage Rêver l’obscur – Femmes, magie et politique (Dreaming the Dark : Magic, Sex and Politics), que j’ai d’abord entendu parler de Starhawk. Jade Lingaard, dans la préface « Désobéir en état d’urgence » (Chroniques altermondialistes, 2016, éditions Cambourakis), la présente ainsi : « Féministe, pacifiste, anarchiste, sorcière néopaïenne, elle ne ressemble à nul-le autre dans le paysage éclaté de la gauche radicale américaine. » Ainsi, l’activiste et militante, de son nom de naissance Miriam Simos, « forme des militant-e-s à la désobéissance civile en portant une vision particulière de l’empowerment : créative, empreinte de spiritualité et de psychologie. »

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Starhawk

Et « pour Starhawk, l’enjeu central, c’est le pouvoir, celui qui s’exerce d’en haut par ceux qui cumulent les privilèges de richesses et la capacité à dominer les autres. Mais c’est aussi la peur. […] Pour s’en libérer [elle] propose un geste profondément pacifiste : reconnaître et accepter cette peur pour qu’elle trouve en chacun-e sa juste place. »

C’est en plaidant pour la diversité des tactiques que Starhawk nous offre, dans Webs of Power : Notes from the Global Uprising, paru en 2003 et partiellement traduit dans Chroniques altermondialistes, ses expériences de grandes actions qui ont marqué l’histoire de l’altermondialisme.

Dès l’introduction de ce livre « dédicacé à celles et ceux qui partout s’insurgent, provoquent des troubles, provoquent la paix, jardinent et combattent les incendies », Starhawk pose les bases de son militantisme, où action politique et magie ne font qu’une. Elle raconte ainsi un souvenir de soirée durant laquelle, fatiguées par la préparation d’une action politique, ses amies et elles se mirent à chanter, au son de son tambour, « La globalisation est la toile dans laquelle nous sommes prises au piège … » ou « Je nous vois tissant de nouvelles toiles, des toiles qui créent des liens … » Et nul besoin d’être sorcière et/ou néopaïen-ne pour apprécier l’approche originale, poétique et philosophique que propose Starhawk.

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Chroniques altermondialistes

Les manifestations de Seattle, qui eurent lieu le 29 et 30 novembre 1999 à l’occasion du sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et afin de protester contre la globalisation, apparaissent comme une date-clef du mouvement altermondialiste. L‘autrice le décrit comme un mouvement pour une « justice globale » et qui vit « toute une génération […] se radicaliser et […] basculer dans l’activisme ». De ce moment marquant suivront les mobilisations de l’an 2000, à Washington et à Prague, contre le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, celles de 2001 à Buenos Aires et à Québec contre la réunion de travail de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), celles contre le sommet du G8 à Gênes en juillet 2001. De son riche parcours d’activiste, marqué largement par ces actions qui animèrent le début du millénaire, Starhawk nous livre ses apprentissages. Le rôle de formatrice, qu’elle endossa au cours de ces grandes protestations afin de guider les jeunes militant-e-s, est perpétué au travers de ces pages qui nous ouvrent au large champ des formes d’action.

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« Cessez d’exploiter les travailleuses et travailleurs » – Seattle, 1999 – Manifestation contre le sommet de l’OMC

Avec mes yeux de lectrice enthousiasmée, et tandis que je réfléchissais à toutes les personnes de mon entourage à qui je souhaiterais partager ce livre, j’ai été particulièrement marquée par l’espoir qu’il porte. Par l’emploi de tous les registres à sa disposition, qu’ils soient spirituels, psychologiques, stratégiques ou politiques, l’autrice livre à travers ses phrases quelque chose d’assez rare d’après moi dans le catalogue des livres engagés : des mots de paix et d’espérance, bien que le récit des répressions suite aux manifestations de Gênes soit bouleversant. Car si la colère révolutionnaire est saine et nécessaire, elle peut parfois se faire trop présente. Susciter l’envie d’un monde meilleur à travers les exemples positifs d’actions, c’est là la force des textes de Starhawk. Elle ne développe d’ailleurs que très peu l’aspect théorique et idéologique des pensées altermondialistes, au profit de l’expérience concrète.

Au fil de ses chroniques, Starhawk ne cesse d’interroger les stratégies employées et se questionne surtout sur l’emploi de la violence et de la non-violence. Partisane de l’action directe pacifique, elle ne condamne pourtant pas unilatéralement l’activisme violent. Elle reconnaît que « Pour mettre à mal un système économique qui vénère la propriété, la propriété doit être attaquée » et que ces attaques peuvent légitimement prendre plusieurs formes. Si je ne partage pas intégralement son approche de la non-violence, il m’apparaît particulièrement intéressant de souligner que son appel à l’imagination et à la créativité comme outils de lutte est chose récurrente dans les engagements portés par les femmes, et notamment les militantes écoféministes. Puisqu’investir le champs politique en tant que femmes et féministes ne nécessite pas toujours d’adopter des codes et des traditions de lutte masculines et violentes. Il s’agit aussi d’en créer des nouvelles, par les femmes et éventuellement pour elles-mêmes. Les toiles tissées autour du Pentagone auxquelles je faisais référence en début d’article en sont un bel exemple. Par ailleurs, il me semble que si les mouvements relatés dans Chroniques altermondialistes ont eu tant d’ampleur, c’est aussi parce que l’action non-violente rassemble davantage de personnes (pas uniquement pour des raisons idéologiques mais aussi de capacités physiques et de risques encourus). Dans sa volonté de valoriser chacun-e au sein du mouvement altermondialiste, l’écrivaine écrit : « Nous avons besoin d’elles et eux [les militant-e-s des black blocs] ou de personnes comme ça. Il nous faut de la place dans notre mouvement pour la rage, l’impatience, la ferveur militante […] Nous avons aussi besoin de pacifistes […] Nous avons besoin d’espace pour la foi, la compassion. […] Et nous avons besoin d’espace pour celles et ceux d’entre nous qui essaient d’explorer des formes de lutte qui échappent aux catégories. »

Tout au long de son texte, Starhawk participe à tisser « la toile du soulèvement global ». Elle tisse des liens entre les militant-e-s, puisque la radicalité ne doit pas empêcher de surpasser les désaccords, dans un but commun. Elle fait usage de sa spiritualité d’une manière émouvante et surprenante. Comme elle l’explique, sur la côte Ouest des États-Unis dont elle est originaire, il est de tradition de mêler politique, psychologie et spiritualité. Cette réalité n’existe que très peu en Europe, et là encore l’activiste réussi à créer des ponts entre des domaines qui pourraient sembler antithétiques aux inhabitué-e-s.

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La « Spiral Dance » est une tradition néopaïenne pratiquée par Starhawk

Créer des ponts, tisser des liens, c’est là l’idée de ces grands mouvements d’ampleur internationale au cours desquels la sorcière écoféministe américaine a été amenée à militer au côté de paysan-ne-s du Mouvement des sans-terre (Movimento dos Trabalhadores Rurais Sem Terra) ou d’activistes des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Fuerzas armadas revolucionarias de Colombia).

Et lorsqu’en 2001, dans les rues de Québec, des manifestant-e-s défilent, suite à la Déclaration de Cochabamba, en incarnant une rivière vivante pour « attirer l’attention sur la question de l’eau » en donnant « corps à l’eau, en tant qu’élément dans le feu de la lutte », comment ne pas être touchée par le lyrisme de cette action collective ?

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2001, manifestation à Québec contre le Sommet des Amériques

Ce recueil de récits, entre le manuel de militantisme et le plaidoyer pour l’action collective, est une précieuse lecture. Les comptes-rendus d’actions, les réflexions, les listes, les communiqués qui s’y entremêlent le rendent ludique et agréable à lire.

Le 11 septembre 2001, et pour la deuxième fois seulement de leur histoire, les États-Unis d’Amérique sont attaqués sur leur sol : le World Trade Center et le Pentagone sont les cibles d’attentats, revendiqués par le groupe terroriste Al-Qaïda. 2973 personnes sont tuées, 6291 sont blessées. Une guerre vengeresse est lancée par le gouvernement états-unien en octobre/novembre de la même année et qui prendra fin 13 ans plus tard, le 31 décembre 2014. Elle causera la mort de plus de 20 198 civil-e-s afghan-e-s et contraindra des milliers de personnes à l’exil.

Alors comment continuer à agir, entre les massacres, la peur et les mesures sécuritaires et répressives adoptées par le gouvernement ? Voici les précieuses phrases dont nous fait cadeau Isabelle Stengers, dans la préface à la première édition française du texte de Starhawk : « […] on trouvera […] les échos du courage extraordinaire qu’il a fallu pour continuer à lutter […] Pour lutter contre la guerre, pour affronter le désespoir d’un monde torturé. Les textes qui closent ce recueil font pleinement exister ce que savent les sorcières : il faut accepter de vivre la nuit, de faire monter le désespoir à la surface, afin que l’espoir ne soit pas songe creux, slogans insipides, afin que l’amour soit aussi colère, afin que la lumière affirme les ténèbres. »

En espérant que ces mots raviveront dans votre coeur l’espoir et la détermination pour continuer.

I send you alter-globalist vibes,

E. (merci à B. pour la relecture.)

Les Labiorantines.

Folles de rage

« Oui, je suis hystérique face à la destruction de la vie. Si les hommes ne le sont pas, c’est leur problème. »

Hystérie, du latin hystericus, « relatif à l’utérus ».

Hystérique, sorcière, folle, malbaisée, névrosée, trop émotive, irrationnelle, harpie, « Calme-toi ! », « T’as tes ragnagnas ? ».

  • Le 19 juin 2015, des expert-e-s publient, dans la revue scientifique Science advances, une étude qui montre que la Terre est entrée dans une sixième extinction de masse des espèces animales.
  • Selon le site Planetoscope, qui recense en temps réel les statistiques mondiales sur l’écologie et la planète, 26 000 espèces, issues de la faune et de la flore sauvages, disparaissent chaque année.
  • Une étude parue le 30 octobre 2013 présente le Bangladesh, la Guinée-Bissau, la Sierra Leone, Haiti, le Soudan, le Nigeria, la République Démocratique du Congo, le Cambodge, les Philippines et l’Ethiopie comme les dix pays les plus exposés aux risques climatiques. Ces pays font partie des plus pauvres de la planète.
  • Une zone morte est une zone déficitaire en dioxygène présente dans un milieu aquatique. Selon l’UNESCO, elles sont maintenant près de 500 sur la surface du globe, soit 245 000 km².
  • Dans l’étude publiée le 10 décembre 2014 par la revue PLOS ONE, on apprend que plus de 250 000 tonnes de plastique flottent à la surface des océans.
  • Selon la WWF, près de 7,6 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année entre 2010 et 2015.
  • 252 000 000 000 tonnes de glace ont été perdues chaque année sur la calotte glacière de l’Antarctique entre 2009 et 2017, peut-on lire sur Planetoscope.
  • En 2016, au Nicaragua, au Honduras, au Salvador et au Guatemala, plus de 3 millions de personnes étaient touchées par des sécheresses dues au changement climatique, relate cet article.
  • Le 5e rapport du GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental sur l’Évolution du Climat) publié entre 2013 et 2014 rapporte que « il est extrêmement probable [c’est à dire avec une probabilité d’au moins 9,5 chances sur 10 pour que l’affirmation soit correcte] que l’influence humaine sur le climat a été la cause dominante du réchauffement observé depuis le milieu du vingtième siècle ». Il s’agit d’un consensus scientifique.

etc.

Climatoscepticisme : Fait de douter du réchauffement climatique, de ses causes comme de ses conséquences. (Wiktionnaire)

Obscurantisme : Opposition à la diffusion de l’instruction, de la culture, au progrès des sciences, à la raison, en particulier dans le peuple. (Larousse)

Nous vient alors en tête des bribes d’une citation, lue au détour d’une page et introuvable, qui sera donc restituée dans l’idée et de manière inexacte : « Oui, je suis hystérique face à la destruction de la vie. Si les hommes ne le sont pas, c’est leur problème. »

Nous sommes folles de rage.

#JeSuisFolleDeRage

We send you hysterical witches vibes,

E. et A.  (et merci à M. pour « ses lumières »)

Les Labiorantines.

Défi vert #4 : Une trousse de toilette minimaliste pour des vacances en toute légèreté

 « Avis à la population : Les produits spéciaux pour la vulve, c’est horrible, n’en achète jamais, t’as pas besoin de te décaper la teucha. »

Depuis quelques années que j’ai découvert l’impact néfaste des cosmétiques conventionnels sur l’environnement et sur la santé, j’ai essayé différents produits et j’en suis arrivée à la conclusion qu’il m’en fallait très peu pour être heureuse. Je vous propose donc aujourd’hui une trousse de toilette minimaliste qui ne compte pas plus de cinq cosmétiques et cinq accessoires et qui ne comporte que des produits bruts, donc très économiques. Je l’ai imaginée en pensant à ce que j’emporterai dans des petits flacons si je devais partir en vacances sans me charger. J’espère qu’elle vous inspirera, et n’hésitez pas à nous partager quant à vous vos indispensables de toilette.

  • Le savon de Marseille : En plus d’être parfait pour la confection de la lessive, le savon de Marseille est excellent pour se laver, autant le corps que le visage. Plus besoin de gel douche pour le corps, de produit lavant pour « les parties intimes, hihi, la vie est belle et rose » (Avis à la population : Les produits spéciaux pour la vulve, c’est horrible, n’en achète jamais, t’as pas besoin de te décaper la teucha. Fin du flash spécial.), ou de savon pour le visage : le savon de Marseille fait tout ça à la fois ! Il faut tout de même penser à le prendre bio. Bien sûr, le lavage à l’eau est encore plus minimaliste, mais à titre personnel j’aime mieux me laver au savon.
  • L’huile de chanvre : J’ai fait un article entier dessus, mais je le redis : l’huile de chanvre est merveilleuse. Elle nourrit la peau, aussi bien du corps que du visage, les cheveux (en tous cas les miens, j’imagine que ça dépend de la nature des cheveux). Elle sert de démaquillant, remplace toutes les crèmes et, cerise sur le gâteau (végétalien), elle est produite en France ! Encore une fois, si elle est bio, c’est mieux (je me demande si on peut la trouver autrement que bio, en fait).
  • Le bicarbonate de soude : Aussi utile pour le ménage que dans la salle de bain, le bicarbonate de soude est parfait quand il s’agit de ne pas sentir la transpiration. Il absorbe les odeurs et, par-dessus le marché, ne retient pas la sueur (ce qui est très mauvais, laissons-nous transpirer en paix). Il est cependant important de vérifier qu’il s’agit bien de bicarbonate alimentaire. Une ou deux fois par mois, il peut également être utilisé sur la brosse à dents, afin de blanchir les quenottes. Il est tout à fait déconseillé de l’utiliser trop souvent. D’ailleurs, lors du brossage de dents, c’est bien le mouvement des poils et pas le dentifrice qui nettoie. Je vais tester le shampoing au bicarbonate et je reviendrai en faire un article (parce que le shampoing c’est super pratique et confortable mais quand il s’agit de prendre sa bouteille en vacances – qui risque en plus de se déverser sur tes précieux vêtements – c’est une autre paire de manches). Le bicarbonate de soude peut également être utilisé en gommage, pour une peau douce comme de la soie (végétale, of course).Bicarbonate | cup | spoon
  • Le gel d’aloe vera : Alors oui, d’accord, le gel d’aloe vera, c’est pas très local. Raison pour laquelle j’essaie de fabriquer du gel de lin (ma récente tentative a été un échec lamentable), mais en attendant, code de la déontologie du blogging oblige (c’est pas vrai), je me dois d’être honnête avec vous : je ne peux pas vivre sans gel d’aloe vera. C’est un ex-cel-lent (j’insiste) hydratant pour la peau, il aide à la cicatrisation (bobos, vergetures, …) et il sert à apaiser les coups de soleil. (Il paraît qu’il protègerait du soleil, mais entre toi et moi,on déconne pas avec ça donc, bien que je ne l’ai pas mis, il est évident que je partirai en vacances avec une crème solaire – même si objectivement les crèmes solaires bio coûtent les deux bras et la moitié d’une jambe. Sinon les chapeaux et t-shirts au bord de la plage, c’est utile aussi. Ce communiqué vous a été présenté par le ministère de la santé.) Je ferai également un article sur le gel de lin quand j’aurai réussi à le faire correctement.
  • Le beurre d’amande : Dans l’idée, n’importe quel beurre végétal afin de nourrir ta bouche pour des bisous tout doux (ou pas, tu fais bien ce que tu veux) après un gommage des lèvres au bicarbonate de soude (tout se rejoint, c’est incroyable comme cet article est bien structuré) et ta peau en cas de sécheresse intense. (Et bon, puisque t’en es arrivé là dans cet article qui dure six plombes, laisse-moi t’offrir un conseil incroyable : rien n’hydrate mieux ta peau que l’eau que tu bois. Voilà !)
  • L’oriculi : Si tu ne sais pas à quoi ça ressemble, fais une pause et va chercher sur Ecosia. J’ai remplacé les cotons-tiges par ça depuis plusieurs mois et c’est super. J’ai rien d’autre à ajouter, désolée.
  • La brosse à cheveux : Pour celles et ceux qui ont des cheveux à peigner, une brosse à cheveux ou un peigne, ça aide à la vie en société. La brosse en bois avec des picots souples et sans boule au bout pour ne pas casser les cheveux est sans doute le meilleur investissement que j’ai fait de ma vie. (Faut dire que je n’en ai pas fait beaucoup.)

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  • La brosse à dents : Dois-je réellement expliquer pourquoi ? Les brosses à dents à têtes changeables, en plus d’éviter l’utilisation de pas mal de plastique, sont vraiment économiques, à environ 3€ les trois têtes. Malheureusement, il me semble qu’il n’existe qu’un seul type de poils.
  • La lime à ongles : Ça n’est vraiment pas indispensable, mais je l’ai mise car c’est un objet que j’utilise souvent. Je suis passée à une lime à ongles en verre qui, si je ne la casse ni ne la perds ni ne la donne (enfin t’as compris) me durera toute la vie.
  • La pince à épiler : J’ai hésité avec le rasoir mais comme j’aime pas (pardon, je hais) le diktat de l’épilation (toi, meuf qui ne t’épiles pas, sache que tu es super forte) j’ai mis la pince à épiler parce qu’il me semble que s’épiler les sourcils ça ne nous est pas imposé (Je parle des femmes, pas la peine de venir dire : « Oui, mais tu sais, les z’hommes aussi s’épilent, maintenant. » Merci.) et qu’à titre personnel je le fais parce que j’en ai envie.

Une trousse de toilette de vacances idéale contient bien entendu d’autres choses qui ne rentrent pas dans la catégorie des cosmétiques, comme des protections pour les règles pour celles et ceux qui en utilisent, des médicaments si l’on en prend ou au cas où et, dans mon cas, de l’huile essentielle d’arbre à thé, pour l’utilisation de laquelle, comme de toute autre huile essentielle, il faut vraiment prendre des précautions.

Finalement, c’est assez simple d’adopter une trousse de toilette minimaliste.

Souhaites-tu relever ce défi vert avec nous ?

I send you green vibes,

E.

Les Labiorantines.

La citation du jour #3 : Masculinité et politique sexuelle de la viande

‘Croyez-moi, la mort du machisme marque aussi la fin de l’homme qui se nourrit de viande et de pommes de terre.’ Ni l’un ni l’autre ne nous manquera.

En 1990, Carol J. Adams publie The Sexual Politics of Meat, traduit en français par La politique sexuelle de la viande. Par cette critique féministe végétarienne, l’autrice expose les liens entre l’oppression des femmes et l’exploitation des animaux. Carol J. Adams y développe autour du rôle de la consommation de viande dans le maintien de la domination masculine et du mythe de la virilité, et nous propose ces paragraphes :

 « En devenant végétariens, les hommes s’opposent à un élément essentiel du rôle masculin. Ils optent pour les aliments féminins. Comment peuvent-ils oser faire cela ? Un homme qui refuse la viande est efféminé, une ‘tapette’, un ‘pédé’. En effet, en 1836, la réaction au régime végétarien de l’époque, appelé Grahamisme, dénonçait que ‘[l]’émasculation est le premier fruit du Grahamisme’.

Les hommes qui choisissent de ne pas consommer de chair renoncent à un de leurs privilèges masculins. Le New York Times a exploré cette idée dans un éditorial concernant la nature masculine de la consommation carnée. Le ‘type à la John Wayne’, personnification du mâle mangeur de chair, a cédé sa place à un nouveau héros populaire plus ‘vulnérable’ […]. [Il mange] peut-être des poissons morts et des carcasses de poulets, mais pas de viande rouge. Certains hommes […] ont rejeté non seulement le rôle du macho, mais aussi la nourriture du macho. Le Times concluait : ‘Croyez-moi, la mort du machisme marque aussi la fin de l’homme qui se nourrit de viande et de pommes de terre.’ Ni l’un ni l’autre ne nous manquera. »

I send you « women for animal liberation » vibes,

E.

Les Labiorantines

 

Histoires d’utérus #3 : J’arrête la pilule !

Et depuis que j’ai arrêté la pilule, entre vous et moi, je me sens vachement mieux dans ma culotte !

Soyez prévenu-e-s : cet article n’est pas un réquisitoire contre la pilule. Si j’ai décidé de ne plus la prendre, je reste lucide sur le fait qu’elle présente d’importants avantages et qu’elle peut même s’avérer nécessaire à certain-e-s, notamment en cas de fortes douleurs menstruelles. Cependant, je dois dire que, aussi bien informée que je l’ai été lorsque j’ai voulu me diriger vers un mode de contraception, je n’ai pas tout à fait eu d’autre choix que de prendre la pilule. C’était facile, c’était accessible et c’était à peu près tout ce que l’on me proposait. À travers ce blog, il nous tient à cœur de défendre les choix des femmes et des personnes assignées femmes vis-à-vis de leur corps, mais pour qu’un choix en soit un, encore faut-il qu’il soit éclairé. Donc je pose ici mon petit coup de gueule contre la gynécologue qui m’a asséné, lorsque je l’interrogeais à propos des effets secondaires de la pilule, qu’il fallait arrêter « d’écouter la télé et de lire n’importe quoi sur Internet ». Sachant que c’est sur la notice de ma pilule que j’ai eu la confirmation du bien-fondé de mes questions, je trouve ce genre de comportement vraiment nocif car il s’agit purement et simplement de désinformation des patient-e-s.

En tout, je n’ai pris la pilule que neuf mois. Six mois sans arrêt puis trois mois un peu plus tard, tout ça réparti sur une année. Lorsque j’ai demandé à ce qu’on me la prescrive, j’avais pour objectif de ne pas la prendre longtemps, et de passer rapidement à un DIU (dispositif intra-utérin a.k.a le stérilet, même si ça ne rend pas stérile) au cuivre qui est sans hormone. (Si tu te demandes pourquoi je ne m’en suis pas fait poser un immédiatement, c’est simplement que j’ai été marquée par une assez mauvaise expérience avec un gynécologue et son spéculum. Il m’a fallu un an pour me préparer mais ma gynécologue actuelle est super.) Je ne crois pas que les hormones aient entraîné chez moi une prise de poids ou de poitrine, et pendant quelques mois, je n’ai pas ressenti d’inconvénient. J’avais décidé de la prendre trois semaines sur quatre plutôt qu’en continu. Je saignais donc cinq jours par mois, mais la prise continue d’hormones n’est pas plus dangereuse.

C’est il y a deux mois que j’ai pris la décision de cesser de prendre la pilule. Ça a été précipité par un épisode de ma vie ni très glamour ni très sympa puisqu’il s’agit de sécheresses intimes (l’expression qu’on utilise dans les pubs pour te parler de sécheresses vaginales, quoi.). (Eh ouais, les meufs et les mecs, ça arrive !) Ça a duré environ deux mois durant lesquels j’ai à peu près tout essayé, bien que je sache d’où ça venait. Et depuis que j’ai arrêté la pilule, entre vous et moi, je me sens vachement mieux dans ma culotte ! Un autre élément important que j’ai constaté (et désolée à mes proches si vous passez par là), c’est que l’histoire de la-pilule-qui-détruit-ta-libido-et-tu-ne-t’en-rends-compte-que-quand-tu-l’arrêtes-parce-que-t’avais-trop-perdu-l’habitude-pour-t’en-apercevoir, et bien ce n’est pas un mythe ! (Y a des chances que tu décides de prendre la pilule pour avoir une vie sexuelle épanouie, donc si ça ôte de ton corps tout désir charnel, ça n’a pas trop d’intérêt, vois-tu ?)

Après avoir attendu un mois et demi, je me suis décidée il y a un peu plus d’une semaine à porter mes ovaires prendre mon courage à deux mains et à aller me faire poser le fameux DIU au cuivre. Ça s’est super bien passé. (Est-ce que ça m’a fait mal au moment de la pose ? Oui ! Genre grosse douleur de règles – toi-même tu sais ce dont je parle – pendant quelques secondes. Mais pour le coup, la réaction est vraiment très personnelle.) Et puisque j’ai eu mes règles depuis, j’ai pu remarquer que c’était un peu plus abondant et douloureux qu’avant que je prenne la pilule. Je dois aller faire une échographie trois semaines après la pose afin de voir si le DIU est bien placé. Autre désavantage que j’ai pu observer, c’est l’apparition de boutons sur mon visage, due à l’arrêt des hormones. Seulement quelques boutons que je traite par ailleurs, ce qui n’est pas très dérangeant, mais j’imagine bien que pour certain-e-s il s’agit d’un facteur très important.

Je me sens vraiment mieux dans mon corps depuis que j’ai arrêté la pilule et je profite de terminer cet article pour rappeler que les préservatifs sont le seul moyen de contraception qui protège des infections sexuellement transmissibles. Je vous propose également, si ça vous intéresse et que je souhaite l’écrire, de publier dans quelques mois un article pour un retour sur le DIU.

I send you contraceptive vibes,

E.

Les Labiorantines

Manger du pesto en hiver (astuces 100% végétales)

Difficile en hiver de trouver du basilic … et hors de question d’en faire venir de l’autre bout de la planète.

Bonjour à tou-te-s !

J’émerge enfin de toutes mes obligations du moment pour partager avec vous une découverte que j’ai faite très récemment. Si tu es un-e adepte de ce blog, tu n’as sans doute pas oublié la délicieuse recette de pesto que je t’ai partagée il y a quelques mois. Et si ce n’est pas le cas je te conseille de rattraper ce retard immédiatement.

Mais peu importe … Dans ma recette je listais les ingrédients essentiels du pesto à savoir le basilic, les amandes (ou pignons) et l’huile. Mais voilà ! Difficile en hiver de trouver du basilic … et hors de question d’en faire venir de l’autre bout de la planète. Fan inconditionnelle du pesto, je me retrouvais donc dans une impasse. Heureusement mes parents sont inscrits à une Amap et nous avons découvert LA solution. Les solutions devrais-je même dire. Car en réalité beaucoup de légumes peuvent remplacer le basilic et je vais t’en faire une petite liste :

  • Le chou kale (ou chou frisé). Ce chou ressemble à une salade frisée vert foncé et donne un goût assez fort et très proche du pesto au basilic.
  • Les feuilles de navet. Le pesto aux feuilles de navet est une très bonne solution lorsque vos navets sont dans la soupe mais que je ne savez pas quoi faire des feuilles … enfin si! Maintenant vous savez.
  • La roquette. Je salive à l’idée d’en goûter car on m’en a vanté les mérites. Votre pesto garde la saveur piquante (pour ne pas dire pétillante) de la roquette et must du must vous pouvez ajouter quelques feuilles fraîches de roquette sur vos pâtes pour un plus bel effet.
  • (Je viens de me rappeler que la roquette ne pousse aussi qu’en été mais tant pis il vous reste quand même deux super options.)

I send you roquette vibes,

A.

Les Labiorantines

Manger végétalien avec peu d’argent

Bonjour à tou-te-s,

Je vous retrouve aujourd’hui pour un nouvel article, et si vous suivez ce blog depuis un moment, vous avez certainement compris qu’il me tient à coeur de rendre le véganisme accessible au maximum de personnes. Car si ce mode de vie (nous parlons bien ici du mode de vie végane, et pas de la pensée antispéciste et animaliste) s’est révélé au grand public ces dernières années, on ne peut pas dire qu’il soit entièrement démocratisé. Les informations correctes, notamment en terme de santé, restent relativement difficiles d’accès et, quoiqu’en disent certain-e-s, les produits véganes sont loin d’être dans les moyens financiers de tout le monde. Par ailleurs, le fait même de pouvoir choisir son alimentation, ou son mode de consommation plus largement, reste un privilège. Il ne faut pas non plus oublier que beaucoup de personnes mangent, de fait, de manière végétarienne non pas par choix, mais parce que la viande et le poisson sont des denrées chères.

Alors, pour celles et ceux qui souhaitent devenir véganes ou qui le sont déjà, voici les astuces que j’applique pour manger végétalien en limitant mon budget. Les conseils d’aujourd’hui ne porteront que sur la question de l’alimentation, mais je les compléterai par la suite avec d’autres articles.

  • Miser sur des aliments de base avec des apports nutritionnels intéressants : Par « aliments de base », j’entends des aliments que vous pourrez décliner sous plusieurs formes et qui serviront de base à vos repas. Il est également important de consommer des produits qui vous apporteront une quantité importante de différents nutriments. Les lentilles vertes, par exemple, constituent une part importante de mon alimentation. Elles sont peu chères et riches en fer (je te mets ici l’article du blog sur les carences en fer), en protéines et en glucides ; j’ai simplement à y ajouter un peu de citron (la vitamine C améliore le taux d’absorption du fer), un filet d’huile d’olive et à les manger éventuellement accompagnées de légumes. Le quinoa est un autre aliment très intéressant car il est riche en protéines et en minéraux (fer, calcium, phosphore, etc.). J’aime pour ma part le manger en salade mais avant de continuer, je voudrais te partager cet article  (je t’invite à prendre deux minutes pour le lire) très important à propos de la demande mondiale croissante en quinoa et son effet dévastateur sur les paysan-ne-s péruvien-ne-s. Il est très simple de se procurer du quinoa cultivé en France (qui est souvent moins cher).
  • Préparer en grandes quantités : Souvent, lorsque l’on n’a pas le temps ou l’envie de cuisiner, en rentrant chez soi le soir par exemple, on a tendance à se tourner vers des plats préparés. Mais il faut se rendre à l’évidence, les plats végétaliens préparés sont hors de prix, en plus d’être difficiles à trouver. Par ailleurs, c’est toujours bien de savoir ce que l’on met dans sa nourriture. Alors pourquoi ne pas préparer des aliments en grande quantité à manger durant toute la semaine ? Les lentilles par exemple (oui, je suis passionnée par les lentilles), qui mettent très longtemps à cuire (si on les achète sèches), peuvent être préparées le weekend en grande quantité et sous différentes formes. Tu peux trouver ici une superbe recette des steaks de lentilles. Il ne restera plus qu’à ajouter un accompagnement et à emporter tout ça (ou à le manger chez soi). La soupe est également un bon exemple de plat à préparer à l’avance, il suffira simplement de la faire réchauffer.
  • Préparer ses accompagnements : Le jour où j’ai découvert au détour d’un rayon de supermarché l’existence du pesto végétalien, j’ai failli verser une larme de bonheur. C’est délicieux, mais c’est plutôt cher, de même pour les fromages végétaliens (non, en fait les fromages végétaliens sont carrément inaccessibles). Bien sûr, il est possible de le faire soi-même, je te mets un lien vers la recette de pesto que nous avions partagé sur le blog.  La levure maltée que j’adore est également, mélangée à un peu (ou beaucoup) d’huile, un très bon accompagnement avec son petit goût fromager. (Tu la trouves à peu près partout et pour pas très cher, sous le nom de levure de bière, levure maltée, levure diététique. Il y a peut-être une différence entre toutes ces levures, mais elles ont le même goût, c’est tout ce qui compte.) J’aime aussi faire revenir un oignon et une gousse d’ail et éventuellement ajouter un peu de crème végétale ; c’est simple et délicieux. N’hésitez pas à partager en commentaires vos accompagnements favoris.
  • Consommer de saison : Les fruits et légumes locaux et de saison sont bien sûr moins cher (et leur consommation réduit notre impact sur l’environnement), alors profitez-en. C’est d’ailleurs une occasion de se tourner vers des végétaux que l’on n’a pas l’habitude de manger. J’ai par exemple découvert le radis noir cet hiver, alors que j’en avais marre de ne manger que du chou, de la courge et des carottes. Et c’est vraiment délicieux (bon, en vrai j’en avais déjà mangé mais là, c’est vraiment rentré dans mon alimentation).
  • Préférer les végétaux bruts aux produits transformés : Encore une fois, privilégiez les produits sous leur forme brut. C’est vraiment moins cher, même si la cuisine nécessite du temps que tout le monde n’a pas (d’où l’intérêt de préparer en large quantité, on y revient). C’est également l’occasion de découvrir plein de nouvelles recettes (nous vous en avons partagé quelques-unes sur le blog, que vous pourrez retrouver dans la catégorie « Recettes (100% végétales) ») et ça, lorsque l’on devient végétalien-ne, c’est essentiel !
  • La Fédération végane distribue gratuitement de la vitamine B12 aux personnes précaires : Je détaille tout ce qu’il faut savoir sur la vitamine B12 et sur les distributions par la Fédération végane dans cet article que je vous recommande vivement car la supplémentation en vitamine B12 est essentielle chez les végétalien-ne-s.

J’espère de tout coeur que cet article vous aura aidé. Même si c’est un peu plus compliqué, on peut tout à fait être végétalien-ne sans dépenser des mille et des cents en nourriture. N’hésitez pas à partager vos astuces en commentaires, et je reviens très vite pour un nouvel article sur le véganisme et les cosmétiques. En attendant, je vous partage ici un article du blog, riche en conseils pour les véganes débutant-e-s.

I send you cruelty-free vibes,

E.

Les Labiorantines.