La citation du jour #3 : Masculinité et politique sexuelle de la viande

‘Croyez-moi, la mort du machisme marque aussi la fin de l’homme qui se nourrit de viande et de pommes de terre.’ Ni l’un ni l’autre ne nous manquera.

En 1990, Carol J. Adams publie The Sexual Politics of Meat, traduit en français par La politique sexuelle de la viande. Par cette critique féministe végétarienne, l’autrice expose les liens entre l’oppression des femmes et l’exploitation des animaux. Carol J. Adams y développe autour du rôle de la consommation de viande dans le maintien de la domination masculine et du mythe de la virilité, et nous propose ces paragraphes :

 « En devenant végétariens, les hommes s’opposent à un élément essentiel du rôle masculin. Ils optent pour les aliments féminins. Comment peuvent-ils oser faire cela ? Un homme qui refuse la viande est efféminé, une ‘tapette’, un ‘pédé’. En effet, en 1836, la réaction au régime végétarien de l’époque, appelé Grahamisme, dénonçait que ‘[l]’émasculation est le premier fruit du Grahamisme’.

Les hommes qui choisissent de ne pas consommer de chair renoncent à un de leurs privilèges masculins. Le New York Times a exploré cette idée dans un éditorial concernant la nature masculine de la consommation carnée. Le ‘type à la John Wayne’, personnification du mâle mangeur de chair, a cédé sa place à un nouveau héros populaire plus ‘vulnérable’ […]. [Il mange] peut-être des poissons morts et des carcasses de poulets, mais pas de viande rouge. Certains hommes […] ont rejeté non seulement le rôle du macho, mais aussi la nourriture du macho. Le Times concluait : ‘Croyez-moi, la mort du machisme marque aussi la fin de l’homme qui se nourrit de viande et de pommes de terre.’ Ni l’un ni l’autre ne nous manquera. »

I send you « women for animal liberation » vibes,

E.

Les Labiorantines

 

Histoires d’utérus #3 : J’arrête la pilule !

Et depuis que j’ai arrêté la pilule, entre vous et moi, je me sens vachement mieux dans ma culotte !

Soyez prévenu-e-s : cet article n’est pas un réquisitoire contre la pilule. Si j’ai décidé de ne plus la prendre, je reste lucide sur le fait qu’elle présente d’importants avantages et qu’elle peut même s’avérer nécessaire à certain-e-s, notamment en cas de fortes douleurs menstruelles. Cependant, je dois dire que, aussi bien informée que je l’ai été lorsque j’ai voulu me diriger vers un mode de contraception, je n’ai pas tout à fait eu d’autre choix que de prendre la pilule. C’était facile, c’était accessible et c’était à peu près tout ce que l’on me proposait. À travers ce blog, il nous tient à cœur de défendre les choix des femmes et des personnes assignées femmes vis-à-vis de leur corps, mais pour qu’un choix en soit un, encore faut-il qu’il soit éclairé. Donc je pose ici mon petit coup de gueule contre la gynécologue qui m’a asséné, lorsque je l’interrogeais à propos des effets secondaires de la pilule, qu’il fallait arrêter « d’écouter la télé et de lire n’importe quoi sur Internet ». Sachant que c’est sur la notice de ma pilule que j’ai eu la confirmation du bien-fondé de mes questions, je trouve ce genre de comportement vraiment nocif car il s’agit purement et simplement de désinformation des patient-e-s.

En tout, je n’ai pris la pilule que neuf mois. Six mois sans arrêt puis trois mois un peu plus tard, tout ça réparti sur une année. Lorsque j’ai demandé qu’on me la prescrive, j’avais pour objectif de ne pas la prendre longtemps, et de passer rapidement à un DIU (dispositif intra-utérin a.k.a le stérilet, même si ça ne rend pas stérile) au cuivre qui est sans hormone. (Si tu te demandes pourquoi je ne m’en suis pas fait poser un immédiatement, c’est simplement que j’ai été marquée par une assez mauvaise expérience avec un gynécologue et son spéculum. Il m’a fallu un an pour me préparer mais ma gynécologue actuelle est super.) Je ne crois pas que les hormones aient entraîné chez moi une prise de poids ou de poitrine, et pendant quelques mois, je n’ai pas ressenti d’inconvénient. J’avais décidé de la prendre trois semaines sur quatre plutôt qu’en continu. Je saignais donc cinq jours par mois, mais la prise continue d’hormones n’est pas plus dangereuse.

C’est il y a deux mois que j’ai pris la décision de cesser de prendre la pilule. Ça a été précipité par un épisode de ma vie ni très glamour ni très sympa puisqu’il s’agit de sécheresses intimes (l’expression qu’on utilise dans les pubs pour te parler de sécheresses vaginales, quoi.). (Eh ouais, les meufs et les mecs, ça arrive !) Ça a duré environ deux mois durant lesquels j’ai à peu près tout essayé, bien que je sache d’où ça venait. Et depuis que j’ai arrêté la pilule, entre vous et moi, je me sens vachement mieux dans ma culotte ! Un autre élément important que j’ai constaté (et désolée à mes proches si vous passez par là), c’est que l’histoire de la-pilule-qui-détruit-ta-libido-et-tu-ne-t’en-rends-compte-que-quand-tu-l’arrêtes-parce-que-t’avais-trop-perdu-l’habitude-pour-t’en-apercevoir, et bien ce n’est pas un mythe ! (Y a des chances que tu décides de prendre la pilule pour avoir une vie sexuelle épanouie, donc si ça ôte de ton corps tout désir charnel, ça n’a pas trop d’intérêt, vois-tu ?)

Après avoir attendu un mois et demi, je me suis décidée il y a un peu plus d’une semaine à porter mes ovaires prendre mon courage à deux mains et à aller me faire poser le fameux DIU au cuivre. Ça s’est super bien passé. (Est-ce que ça m’a fait mal au moment de la pose ? Oui ! Genre grosse douleur de règles – toi-même tu sais ce dont je parle – pendant quelques secondes. Mais pour le coup, la réaction est vraiment très personnelle.) Et puisque j’ai eu mes règles depuis, j’ai pu remarqué que c’était un peu plus abondant et douloureux qu’avant que je prenne la pilule. Je dois aller faire une échographie trois semaines après la pose afin de voir si le DIU est bien placé. Autre désavantage que j’ai pu observer, c’est l’apparition de boutons sur mon visage, due à l’arrêt des hormones. Seulement quelques boutons que je traite par ailleurs, ce qui n’est pas très dérangeant, mais j’imagine bien que pour certain-e-s il s’agit d’un facteur très important.

Je me sens vraiment mieux dans mon corps depuis que j’ai arrêté la pilule et je profite de terminer cet article pour rappeler que les préservatifs sont le seul moyen de contraception qui protège des infections sexuellement transmissibles. Je vous propose également, si ça vous intéresse et que je souhaite l’écrire, de publier dans quelques mois un article pour un retour sur le DIU.

I send you contraceptive vibes,

E.

Les Labiorantines