Histoires d’utérus #2: Tout sur la coupe menstruelle

Bonjour à tou-te-s!

Je vous reviens aujourd’hui pour le second article des « Histoires d’utérus » (J’ai pas tardé, je sais. Mais j’avoue que le sujet me passionne assez.) et c’est pour vous parler de la fameuse, de la formidable, de la révolutionnaire coupe menstruelle.

J’ai appris l’existence de la coupe menstruelle, communément appelée la cup, il y a quelques années déjà, alors que le net commençait à voir fleurir tout un tas d’articles et de vidéos vantant les mérites de ce mode de protection périodique. Je ne l’ai pas utilisée tout de suite et ça ne fait que depuis janvier dernier que je suis devenue adepte de la chose. C’est donc avec un recul de onze cycles, soit approximativement 55 jours d’utilisation, que je viens vous en parler.

Je tiens à rappeler que je ne suis ni doctoresse, ni gynécologue, ni sage-femme et que je ne livre ici que le fruit de mes expériences et de mes recherches.

Mais avant tout, la cup, qu’est-ce que c’est?

Parce que même si son utilisation se démocratise de plus en plus (on peut maintenant en trouver en supermarché), j’ai conscience qu’elle reste méconnue de pas mal de gens. Et c’est tout à fait normal, car personne n’a encore vu de publicité pour la coupe menstruelle à la télévision ou dans la rue (Tu veux arrêter de donner ton argent à des entreprises qui s’en balancent de ta santé et qui détruisent l’environnement? Adopte la coupe menstruelle! *insert le dessin d’une cup remplie de sang rouge, pas bleu*). Alors laissez-moi vous livrer une brève explication.

La coupe menstruelle est une protection périodique faite de silicone médical qui s’introduit dans le vagin, afin de récolter le sang des règles.

Voilà, c’est pas plus compliqué que ça! Du coup je te mets une photo en-dessous pour que tu aies une meilleure idée de ce à quoi ça ressemble, si tu n’en n’as jamais vu.

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(Et là c’est le moment où, si tu as un vagin et que tu ne connais pas la coupe menstruelle, tu te dis : « Mais comment je vais faire rentrer ça? » Ne t’en fais pas, je t’explique tout dans les lignes qui suivent.)

La coupe menstruelle se place donc à l’intérieur du vagin grâce à différents types de pliage. Vous pourrez trouver diverses méthodes sur Internet (Si tu ne sais pas comment on fait, il suffit de taper « Comment mettre une coupe menstruelle ? » sur Ecosia et de cliquer sur le premier lien, ça devrait aller. Je vais quand même pas tout faire pour toi !). Pour ma part, je pince ma cup au milieu, pour lui donner une forme de U et je la glisse dans mon vagin, comme un tampon (avec cependant le soulagement de ne pas insérer du chlore et de la dioxine dans la partie la plus perméable de mon corps). C’est possible de tout de suite sentir la cup se déployer, mais elle reste généralement pliée, à cause de l’effet ventouse des parois du vagin. Il suffit alors de la tourner (ou d’utiliser une autre méthode, selon ce qui nous convient le mieux, mais tout ça vient avec la pratique) pour qu’elle se déplie et puisse ainsi recueillir le flux menstruel. Elle se retire en pinçant l’extrémité avec deux doigts afin d’annuler l’effet ventouse et se vide dans les toilettes ou dans la douche (de préférence – mais je te dis ça, après tu la vides où tu veux, hein.)

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La cup, comme les tampons d’ailleurs, peut être assez longue à apprivoiser pour certaines personnes. Il se peut même qu’elle ne vous soit pas adaptée (et ce n’est vraiment pas grave), mais généralement, ça devient facile après trois ou quatre utilisations. Il existe d’ailleurs différentes tailles de cup, les marques en proposent généralement deux : une plus petite pour les personnes n’ayant jamais accouché par voie basse et/ou ayant des règles peu abondante, et la seconde plus grande, pour les personnes ayant déjà accouché par voie basse et/ou ayant un flux abondant. Il faut alors choisir celle qui nous conviendra le mieux (et si tu te trompes la première fois, tu peux très bien réessayer avec une autre taille, au final ça te reviendra toujours moins cher que des protections « conventionnelles » ). Même si une cup bien placée n’est pas supposée laisser passer de fuites, il peut arriver de se retrouver en fin de journée avec une petite tâche de sang au fond de sa culotte (ou de son string, de son shorty, de son tango  de son caleçon, chacun-e fait bien ce qu’iel veut – je trouve quand même que pendant les règles rien ne vaut la vieille culotte en coton toute détendue) ; il suffit de prendre des précautions et de mettre un protège-slip ou une serviette (lavable, c’est encore mieux !).

Et afin d’éviter les risques d’infection, il est important de nettoyer à chaque fois sa cup avant de la remettre, de se laver les mains avant de la mettre et de la retirer et de bien la stériliser dans de l’eau bouillante au début de chaque cycle.

Les avantages de la coupe menstruelle

Comme vous l’aurez compris, j’aime beaucoup la coupe menstruelle. Je vais donc lister ici, et de manière non exhaustive, les principaux avantages que je lui trouve.

    • La cup, c’est bien plus écologique que les tampons : Je compare ici la cup aux tampons car il me semble que c’est le type de protection « conventionnelle » qu’elle permet de remplacer. Elle présente les mêmes avantages, c’est-à-dire principalement la discrétion et la possibilité de faire du sport avec, notamment de la natation, mais sans les inconvénients (dont je te parle un peu plus bas). Et si selon le site Fleurcup une personne réglée est amenée à utiliser en moyenne plus de 12 000 tampons et plus de 12 000 serviettes jetables dans sa vie (tampons et serviettes jetables non-recyclables et fabriqués dans des conditions extrêmement polluantes pour la plupart), une cup bien entretenue ne se change que tous les dix ans. Que de déchets évités!
    • La cup, c’est économique : Toujours selon le même site, les personnes réglées dépenseraient en moyenne, au cours de leur vie, 2400 € en tampons et autant en serviettes jetables. En-dehors du fait que les protections périodiques devraient être gratuite, mais ne partons pas sur ce sujet-là, une coupe menstruelle coûtant entre 15 et 30 €, si on en utilise quatre au cours de sa vie (une cup qui dure dix ans, quarante ans de sa vie avec des règles tous les mois – sauf périodes exceptionnelles comme la grossesse et les mois qui suivent), le budget variera entre 60 et 120 €. On est loin des 4800 €.
    • La cup, ça permet de mieux comprendre son corps : Comme vous pouvez voir sur le dessin plus haut et comme vous le savez sans doute déjà (et si tu le savais pas c’est pas grave, maintenant tu sauras), le vagin n’est pas tout droit, mais un peu incurvé. Alors pour ma part, j’étais au courant, mais c’est vrai que la cup permet de bien s’en rendre compte. Puisqu’il faut, pour la retirer, mettre le bout de ses doigts dans son vagin pour la pincer, je trouve qu’elle permet de bien appréhender son corps. Également, elle m’a permis de me rendre compte de la quantité de sang que je perds pendant mes règles (qui est bien moindre de ce que peuvent laisser penser les serviettes) et si je n’étais personnellement pas répugnée plus que ça par mon sang, je comprends maintenant que ça n’a vraiment rien de dégoûtant (je trouve ça même particulièrement stylé d’avoir un corps qui a des règles – j’attends quand même pas cette période avec impatience chaque mois, abuse pas.)
    • La cup, c’est meilleur pour la santé : Ces dernières années, le grand public a été informé de la composition particulièrement nocive des tampons, qui n’est d’ailleurs pas affichée sur les boîtes de protections « conventionnelles ». De la dioxine aux dérivés de chlore en passant par le glyphosate (oui l’hercide qui tue les abeilles, tout à fait), c’est un vrai cocktail chimique que l’on met à l’intérieur de notre corps, les muqueuses, et particulièrement celles de notre vagin, étant la partie la plus perméable du corps. (Ça donne envie, n’est-ce pas?) Le port prolongé de tampon a également donné lieu à de nombreux cas de Syndrome du Choc Toxique (je te mets un article ici pour comprendre la chose, en attendant de te faire un article dessus – ou pas) et, si la cup n’empêche pas de le contracter, elle réduit très grandement les risques (n’oublie donc jamais de changer de tampon toutes les quatre heures ou de vider ta coupe menstruelle toutes les six heures). Pour finir avec les effets sympas du tampon sur le corps, il faut savoir qu’il peut également provoquer notamment des mycoses (oui le truc qui te démange l’entrejambe au point que tu évites de sortir de chez toi quand t’en as), car il absorbe toutes les sécrétions vaginales et créé ainsi des sécheresses vaginales (un autre truc sympa) qui favorisent les irritations et les micro-traumatismes qui aident au développement des mycoses. La cup protège en revanche la flore vaginale en ne récoltant que le sang menstruel.
    • La cup, ça permet de récupérer son sang pour en faire des choses formidables : Je t’en parlais rapidement dans l’article précédent, mais il existe des artistes qui utilisent leur sang menstruel pour peindre. Si c’est un projet, vous pouvez tout à fait vider votre cup dans un bocal et attendre – ou pas – la fin de votre période de règles pour vous lancer dans votre création. Pour ma part je ne sais pas peindre mais il faut que j’avoue, et s’il-vous-plaît, dites-moi que je ne suis pas la seule à penser ça, que lorsque je vide ma cup dans mes toilettes, je trouve que le sang qui se dilue dans l’eau et qui fait des formes étranges sur les parois, c’est vraiment très joli (on ne juge pas, chacun-e se réapproprie son corps comme iel peut). Le sang menstruel est par ailleurs un puissant fertilisateur, donc rien n’empêche de l’utiliser, mélangé à de l’eau, pour aider vos plantes à pousser. Je doute que vous réussirez à arroser votre potager entier, mais je trouve ça génial ! (Et si ça te dégoûte, rappelle-toi qu’on utilise des excréments de chevaux pour nourrir ses plantes.) Pour finir, rien ne vous empêche d’utiliser ce sang récolté dans le cadre d’une action féministe ; je vous laisse l’imagination libre à ce sujet.

Les inconvénients de la coupe menstruelle

Après vous avoir dressé un portrait unilatéral de la coupe menstruelle et de ses moult vertus, laissez-moi vous partager les quelques inconvénients que je lui trouve.

  • La cup ne protège pas du Syndrome du Choc Toxique : Je me répète sans doute, mais ce point-là, que ce soit concernant les tampons ou concernant la cup, me semble primordial. La cup réduit les risques de contraction du Syndrome du Choc Toxique mais elle ne les annule pas complètement. Le Syndrome du Choc Toxique est lié à la prolifération du Staphylocoque doré (je te laisse faire tes petites recherches) qui est favorisée par la stagnation du sang dans le vagin. Afin d’éviter cela, il est très très très (très très très) important de vider et de rincer sa cup toutes les six heures (et pas toutes les douze heures comme on croyait au début). Pour ma part, j’ai commencé à l’utiliser en pensant qu’il était sans danger de la vider toutes les douze heures et, même si la journée je la nettoyais plus souvent, il m’arrivait de la garder toute la nuit. J’ai dorénavant opté pour des serviettes lavables la nuit, qui permettent en plus au vagin de « se reposer » un peu.
  • La cup n’est pas pratique à changer dans les lieux publics : Puisqu’il est important de rincer régulièrement sa coupe menstruelle au cours d’une journée, il faut avoir accès à un point d’eau. Et comme vous aurez remarqué, les toilettes publiques, hormis celles réservées aux personnes handicapées, ne possèdent pas de lavabos à l’intérieur des cabines individuelles. Je vais donc vous livrer ma petit technique pas si secrète que ça, puisque je me doute que personne n’a envie de vider son sang en public, tout ça par souci de civilité. J’emporte donc toujours une petite bouteille d’eau dans mon sac. (Le genre de petite bouteille en plastique que tu t’es retrouvé-e à devoir acheter d’urgence – mais comme t’es écolo tu t’es dit que tu la garderais, sauf que t’as pas envie d’avaler des résidus plastiques dans une bouteille vieille de trois semaines. Maintenant tu sais quoi en faire !) Une fois ma cup vidée et l’oeuvre d’art qui en résulte observée, je verse un peu d’eau à l’intérieur et je frotte afin de faire partir le sang.
  • La cup peut faire mal si elle est mal positionnée : La plupart des personnes réglées ont certainement déjà expérimenté la sensation du tampon mal placé (appelée aussi la pire sensation au monde, juste avant le petit doigt éclaté contre un coin de canapé) ; avec la cup, c’est à peu près pareil. Je vous conseille donc d’apprendre à bien la placer et d’être à l’aise avant de sortir avec. Comme avec les tampons, un peu de pratique et de persévérance sont nécessaire si vous avez envie d’utiliser la coupe menstruelle.
  • La cup n’est pas adaptée à tout le monde : C’est bien possible que la coupe menstruelle ne vous convienne pas. Si après de nombreuses tentatives ça ne fonctionne pas, laissez-la de côté, ne vous mettez surtout pas la pression pour ça. Vous pourrez réessayer plus tard si vous le souhaitez, mais ne vous sentez pas anormal-e parce que vous n’avez pas réussi ou ne pouvez pas l’utiliser. Je connais des gen-te-s qui ont été dégoûté-e-s lors du premier essai car iels avaient mal pincé leur cup pour la retirer et que la douleur les avait poussé-e-s à ne pas réessayer. J’ai également conscience que la situation physique de certaines personnes ne leur permet pas d’utiliser la cup ou que d’autres ont du mal à voir du sang, voire en ont une phobie. Et même si, comme je le disais précédemment, la cup est économique,  il s’agit d’un investissement que tout le monde ne peut pas se permettre. Je voudrais également ajouter que pour les personnes qui ont des pertes abondantes et qui doivent régulièrement vider leur coupe menstruelle, ce peut être irritant. Ce n’est pas parce qu’énormément de gen-te-s vantent les avantages de la cup – dont moi, donc – qu’elle convient à tout le monde. Nous sommes tou-te-s différent-e-s et même si vous êtes un-e écologiste convaincu-e, il existe d’autres méthodes pour vivre ses règles avec le moins de déchets possibles. Je vous ferai des articles plus tard sur ces types de protection. (Et si tu aimes les tampons ou que tu ne peux pas faire autrement, tu n’en n’es pas moins écologiste.)

Pour terminer, je vous dirai que le but de cet article est purement informatif. La santé des femmes et des personnes assignées femmes n’est clairement pas une priorité à ce que l’on peut voir et je pense qu’il est important que nous ayons tou-te-s les ressources nécessaires pour faire des choix éclairés sur les protections que nous utilisons et leur impact sur notre santé. Mais si vous n’avez pas le choix ou que vous avez envie de continuer à utiliser des tampons bio ou même des tampons « conventionnels », libre à vous, personne ne vous jugera (et si quelqu’un vous juge, dites-lui que ça suffit, la cup est pleine).

Je précise de nouveau, parce que c’est très important, que je ne suis pas une professionnelle de la santé et que si jamais vous avez un doute ou un problème, il vous faut en parler à un-e spécialiste.

J’espère que cet article vous aura plu,

I send you menstrual vibes,

E.

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