Protège ta santé, boycotte le fluor

Bonjour à tous et à toutes !

Aujourd’hui on se retrouve pour un article qui, s’il ne semble pas passionnant de prime abord mériterait qu’on y accorde un peu d’attention. Je vais te parler de dentifrice et des mensonges qu’on nous fait avaler depuis tout-e petit-e sur le fluor.

Le dentifrice a un impact sur notre santé; il est en contact direct avec nos muqueuses et nous en avalons tous les jours, ce qui, en fonction de sa composition, peut occasionner quelques dégâts. Je ne parlerai même pas de l’impact sur l’environnement (#PollutionDesEauxEtPlastiqueÀGogo) .

C’est après avoir vu le documentaire de Audrey Gloaguen sur France 5 Fluor, un ami qui vous veut du mal (je te le recommande fortement mais je n’ai pas réussi à trouver de lien, sorry) que je me suis dit qu’il me fallait absolument écrire cet article. Le texte qui va suivre s’appuie cependant davantage sur mes recherches personnelles.

J’ai commencé mes recherches sur la molécule de fluor, tant vantée par les industries pharmaceutiques, et censée préserver tes dents de toute vicissitude. Et pas besoin de chercher très loin, les problèmes arrivent déjà : sur la page Wikipédia du Fluor je trouve : « Aux conditions normales de température et de pression, le corps simple fluor se présente sous forme de difluor F2, un gaz diatomique jaune pâle, très toxique et extrêmement corrosif. » Si tu te demandes ce que signifie diatomique, ça veut simplement dire que la molécule de fluor est composée de deux atomes. Je ne crois pas en revanche que tu aies besoin que je te traduise « très toxique et extrêmement corrosif ». Je t’accorderai certes que se faire retirer une carie n’est pas une partie de plaisir mais il y a quand même des priorités dans la vie. Bien sûr il se peut que le fluor contenu dans le dentifrice ne soit pas sous la forme de difluor et ça change bien des choses.

Je me suis donc renseignée sur la forme que prend le fluor dans nos dentifrices.

En tapant les mots : « dentifrice fluor » sur Ecosia je tombe sur des centaines de publicités pour dentifrices. Je clique sur la première pour regarder la composition du produit en question:

On peut lire, au milieu de noms étranges qui feraient pâlir d’envie un grimoire de potions « sodium fluoride « . Je le tiens ! Internet nous facilite la vie, je tape donc « sodium fluoride » dans ma barre de recherches et sur Wikipédia (pour changer), je trouve ce que je cherche :  » Le fluorure de sodium est très toxique, et le seul fait de respirer ou de l’inhaler peut être dangereux. Il affecte le système circulatoire, le cœur, le squelette, le système nerveux central et les reins. À terme, il peut même causer la mort. D’autre part, il est très irritant pour la peau, les yeux et le tractus respiratoire. »

Voilà donc ce que tu appliques sur tes dents tous les jours – matin et soir si tu es une personne consciencieuse. Je sais pas toi, mais j’ai préféré arrêter.

J’aurais pu m’arrêter là mais j’ai quand même cherché un poil plus loin, sur la page « dentifrice » de Wikipedia (comme tu le vois mes recherches sont plutôt accessibles à tou-te-s). Je t’épargnes les dix chapitres sur le sujet, voici l’un des passages les plus croustillants :

« Certains types de dentifrices peuvent provoquer des nausées ou la diarrhée s’ils sont ingérés en trop grande quantité. Chez les très jeunes enfants, un empoisonnement aigu au fluorure peut survenir après ingestion d’aussi peu que un pour cent d’un tube de pâte dentifrice aromatisée pour enfants. »

Appétissant!

Mais ne désespère pas, il existe des tas de dentifrices sans fluor et non-toxiques, avec une ribambelle d’arômes différents pour tes papilles sensibles. Si tu as l’envie et le courage, tu peux aussi faire ton dentifrice toi même, c’est encore plus écologique; tu trouveras des dizaines de vidéos sur le net et peut-être même qu’on te livrera un jour notre recette.

Je te fais des bisous (avec une haleine peut être pas aussi fraîche qu’avec du Elmex mais tu me pardonneras!)

A.

Végéta*isme et carences #1 : Le fer

Bonjour à tou-te-s !

Je vous retrouve aujourd’hui pour un article plutôt pratique que théorique, qui je pense (j’espère), vous sera utile.

Il s’agit de quelques conseils pour éviter les carences lorsque l’on adopte (ou que l’on a déjà), une alimentation végéta*ienne (végétalienne ou végétarienne, donc). Bien sûr si ce n’est pas votre cas, vous êtes tout de même invité-e à rester (surtout si vous consommez peu de produits issus de l’exploitation animale) ; ça ne fait de mal à personne de mettre davantage de vert dans son assiette !

Il s’agit de petites astuces qui m’aident au quotidien (parce que je suis du genre à angoisser de manquer d’à peu près tous les nutriments), mais il est clair que je ne suis ni doctoresse ni nutritionniste.

(Je vous recommande d’ailleurs vivement de faire un tour dans la catégorie « Nutriments » du site « Vegan Pratique »).

Quand j’étais plus jeune, alors que je mangeais des produits carnés, j’ai été plusieurs fois carencée en fer ; j’ai refait des analyses de sang il y a quelques mois (alors que je ne consommais déjà plus de produits issus de l’exploitation animale) , et tout était parfait. (Je pense en refaire durant l’année qui vient, histoire d’être sûre, parce que comme je t’ai dit ça me préoccupe un peu trop, mais je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’en faire très souvent.) La preuve que l’on peut avoir une alimentation végéta*ienne suffisamment riche en terme de nutriments (pense tout de même à te complémenter en vitamine B12 – oui, ça vaut aussi pour les végétarien-ne-s).

Il est important de noter que les personnes réglées sont plus sujettes aux carences en fer dont elles perdent quelques microgrammes durant la phase de saignements de leur cycle menstruel.

Avant de passer aux conseils, je vous mets un extrait de la fiche de l’ANSES sur le fer: Les « Les ANC [Apports Nutritionnels Conseillés] en fer ont été fixés de manière à assurer des réserves convenables. Ils ont été estimés à 9 mg/j pour [les personnes non-réglées] et à 16 mg/j pour [les personnes réglées]. Ils varient de 7 à 14 mg/jour chez les enfants de 3 à 17 ans. »

(Simili-parmesan en fer pour les véganes frustré-e-s et carencé-e-s) 😉

Voilà, maintenant que vous êtes au courant des recommandations officielles et que vous savez que je ne suis pas une spécialiste dans le domaine de la santé, allons-y !

Conseil n°1 : Essaie d’avoir une portion de fer à chaque repas, en variant les sources d’apports, pour davantage de plaisir ! Lentilles vertes, pois chiches, tofu en tout genre, amandes, quinoa (de France, s’il-te-plaît, raisins secs, cassis, etc. En adaptant tes repas selon tes envies, tu peux trouver tout ce dont tu as besoin!

Conseil n°2: Ne te prends pas non plus trop la tête. S’il t’arrive de manger sur le pouce (#PâtesÀLaSauceTomateVie) ou d’oublier d’incorporer une source fer dans ton repas, c’est vraiment pas très grave, tu te rattraperas plus tard.

Conseil n°3: Vas-y mollo sur le café, mais pas sur le citron! Le tanin, qui est une substance végétale présente notamment dans le thé et dans le café, rend l’absorption du fer non-héminique (le fer présent dans les végétaux) moins évidente pour notre organisme; alors sans te priver pour autant, si tu peux, réduis ta consommation. (Pour ma part, je me limite à une tasse de thé ou de café par jour, même s’il m’arrive occasionnellement d’en boire plus – encore une fois, ce n’est pas la peine de se prendre la tête.) En revanche, la vitamine C facilite l’assimilation du fer non-héminique, et c’est pour ça qu’il est conseillé d’en ajouter à ses plats. (Même si présenté ainsi, ça ne te dis trop rien, je te conseille de goûter les lentilles vertes avec un filet de citron et d’huile d’olive. C’est délicieux !) (Et voici une liste des produits riches en vitamine C.)

Conseil n°4: Si besoin est, tu peux prendre des compléments. (Fais toutefois attention au surdosage, et demande toujours son avis à un-e professionnel-le de la santé !) Je sais que c’est basique comme conseil, mais je sais aussi que parfois, on a l’impression que devoir se complémenter quand on est végéta*ien-ne ferait perdre de la crédibilité à la lutte (enfin peut-être que le végéta*isme ce n’est pas un combat pour toi, hein). Mais ce n’est pas vrai du tout et les gen-te-s qui pensent (oui qui se forcent à croire, c’est à se de mander parfois) que végéta*isme est synonyme de carences ne méritent certainement pas que tu négliges ta santé (d’ailleurs, personne ne mérite ça). Que ce soit pour les personnes malades ou pour les personnes en bonne santé, il s’agit justement d’éviter de se retrouver avec davantage de soucis médicaux. De plus, les végéta*ien-ne-s ne sont pas les seul-e-s à être sujet-te-s aux carences. Et puis si tu te complémentes et que tu n’as pas envie de le dire, rien ne t’y oblige.

Voilà, voilà, c’en est fini de mes petits conseils. Je te le répète une dernière fois (après tu vas en avoir marre), mais rien ne vaut l’avis d’un-e expert-e.

Mais n’oublie quand même pas de prendre ta B12 ! (Oui, c’est un ordre.)

I send you veggie vibes,

E.

Pensées des lectrices et des lecteurs #1: L’idée écolo du jour ; prends un-e con-ne, plante un arbre

(Bonjour à tou-te-s. On vous retrouve aujourd’hui avec le premier article de la catégorie « Pensées des lectrices et des lecteurs ». C’est An. qui nous fait l’honneur d’introduire cette série avec le texte qui suit, bonne lecture !)

Prends un-e con-ne, plante un arbre.

Une idée bête et méchante, à l’image de celles et ceux qui sont prêt-e-s à échanger nos arbres contre des billets. À celles et ceux cyniquement posté-e-s le cul à l’air au faîte de la planète-industrie et qui regardent leurs déjections nous tomber dessus de plus en plus abondamment.

Pour nous débarrasser intelligemment de ces crétin-e-s qui se croient plus malins et malignes que les autres, parce que leur radeau de survie possèdera des chiottes feuilletées à l’or fin, lorsque d’autres devront apprendre à nager dans les eaux mouvantes des mers gonflées par le réchauffement climatique.

Pour leur épargner l’air benêt qu’iels* ne sauront éviter de prendre face à l’évidence qu’iels n’auront pu quitter à temps la planète qu’iels auront emmerdée de si longues années durant, et leur éviter la chute – forcément, plus grande que la nôtre, nous petites gens- du haut de leurs empires politico-médiatico-financiaro-mescouilliens.

En somme, pour rendre justice à notre Terre, au vivant dans son ensemble; pour rééquilibrer les chances des plus démuni-e-s, et rendre un fier service à celles et ceux qui tomberont de trop haut pour comprendre ce qui leur arrive, effectue ta Bonne Action écolo du jour: prends un-e con-e, plante un arbre.

Rien de bien compliqué, tu peux le faire d’à peu près n’importe où que tu te trouves -et je t’enjoins même à réitérer autant de fois que tu trouveras sur ton passage un-e con-ne prêt-e à être planté-e. Comment le/la reconnaître ? C’est simple : n’importe quel-le membre du gouvernement actuel (pas de préférence, iels donneront tou-te-s de solides racines une fois semé-e-s), ou d’un gouvernement passé (encore en vie, il va de soi. Les corps en décomposition ne sont pas recommandés pour les débuts de vie d’un arbre. Donc, tu es gentil-le, tu laisses Jean-Marie tranquille, même Monsanto n’a pas créé un désherbant pareil); n’importe quel-le journaliste tranquillement assis derrière son prompteur ou caché derrière ses lignes éditoriales droitières; n’importe quel-le climato-sceptique (espèce À NE PAS protéger selon WWF); n’importe quel-le négationniste, réactionnaire en herbe ou confirmé-e, conservateur ou conservatrice ridé-e qui, entre deux ratés du cœur, dit « c’était mieux avant »; n’importe quel-le libéral-e qui pense que gagner de l’argent, « c’est ce quil y a de mieux à faire dans ce monde de pourri-e-s », tout en étant pourri-e iel-même. Bref, n’importe quel-le con-ne appartenant à la doxa dominante et qui ne jette même pas un œil à la pendule climatique dont les aiguilles approchent dangereusement du gong. Enfin, n’importe qui doutant du bien-fondé des mouvements écologistes – antiracistes et anticolonialistes, LGBT+, féministes, de défense de la cause animale, …- fera l’affaire.

Prends le ou la con-ne.

Creuse un trou assez profond pour qu’iel y rentre en entier.

Plante le ou la con-ne, la tête en bas, en ne laissant dépasser que les pieds.

Ajoute une graine, de préférence celle d’un grand arbre : cette planète doit respirer (d’où la double utilité d’enlever de sa surface surpeuplée les con-ne-s, et de les transformer en beaux ramages verts).

Recouvre le tout de terre saine et riche (tu vois le petit bidon rouge et jaune fluo qui traîne dans ton garage ou celui de ta grand-mère et sur lequel il est écrit « Engrais » ? Laisse-le là où il est. Merci.)

Chaque jour, arrose amoureusement le ou la con-ne et sa graine.

Bientôt, un arbre poussera. Il te procurera de l’ombre et renouvellera ton air, au lieu de te le pomper et de te le retourner vicié. Il te rendra bien le soin que tu lui auras porté, au lieu de te demander d’arrêter de te plaindre et de le remercier pour la pollution de ton espace de vie et de ton cerveau rendues possibles par sa crasse ignorance. En somme, à l’inverse du ou de la con-ne désormais traversé-e par ses racines, l’arbre que tu auras aidé à naître t’octroiera calme, paix, santé et bien-être. Pour toi et ton entourage, humain ou non.

*iels : contraction de « ils » et « elles » ; pronom inclusif. Nous croyons au pouvoir émancipateur de l’écriture inclusive, non-genrée. Si, dans un premier temps, elle peut rendre la lecture un peu fastidieuse, elle finira par laisser place à l’habitude (cf. Editions CAMBOURAKIS, qui emploient différents types d’écriture inclusive).

Si tu as aimé l’article de An. et que tu veux toi aussi publier un article, écris-nous! leslabiorantines@laposte.net)

L’écriture inclusive est nécessaire, n’en déplaise aux académicien-ne-s

Salut à tou-te-s !

On vous retrouve aujourd’hui pour un article imprévu, que l’on a jugé nécessaire d’écrire suite à un petit incident que nous allons vous expliquer rapidement.

On est samedi, et alors qu’on traîne sur Internet, on tombe sur un blog qui tient lieu de journal participatif où différentes personnes sont amenées à s’exprimer sur des sujets divers. Alors qu’on parcourt la section « Société », on tombe sur un article intitulé « L’écriture inclusive ou la mort de la langue française » (Là, c’est le moment ou toi aussi tu commences à tiquer.)

Cet article nous explique, à grand renfort d’antiféminisme primaire, en quoi la lutte pour une langue non-genrée ne se contente pas d’être inutile et absurde mais nuirait en plus à « la plus belle langue du Monde » (le Français, tu l’auras compris – what else ? ).

Sur ce, très légèrement titillées par l’enchaînement de clichés sexistes et psychophobes, entre autres, et alertées par l’illustration absolument immonde de LGBTQphobie (nous vous en épargnerons la description) , on écrit un commentaire à l’auteur. Dans ce commentaire on explique poliment en quoi on juge l’écriture inclusive nécessaire et pourquoi les arguments exposés dans l’article nous semblent impertinents.

Quelques heures plus tard, alors qu’on se rend sur le site pour voir si l’auteur a répondu, on se rend compte que le commentaire a disparu. (#LesFéministesVousÊtesPasOuvertesÀLaDiscussion)

La colère passée, nous nous sommes dit que tant mieux, ça ferait l’objet d’un article à part entière, que l’on aurait eu le temps de mieux construire et réfléchir.

Dans cet article, nous allons donc vous livrer quelques-unes de nos réflexions sur l’utilisation du langage comme outil de domination et sur la nécessité d’affirmer encore et toujours l’importance de l’écriture inclusive.

Nous jugeons également important de réaffirmer que la lutte contre le patriarcat, la domination masculine et le système de genre doit faire partie intégrante de l’écologisme politique.

https---www.causeur.fr-wp-content-uploads-2017-11-ecriture-inclusive

Dans un premier temps, il est indispensable de percevoir la langue comme outil de domination politique. La langue française, dans le domaine, s’illustre par son passé et son présent coloniaux. Nous ne développerons pas sur ces sujets-là, qui demanderaient des articles à eux seuls, que nous ne sommes pas habilitées à écrire.

En France, la langue officielle est réglementée par l’Académie française dont, selon Wikipédia, « la fonction est de normaliser et perfectionner la langue française ». Il nous semble important de rappeler que, sur trente-six académicien-ne-s, seulement cinq sont des femmes (ce qui nous fait donc trente-et-un hommes, dont un autoproclamé philosophe, connu pour ses moult prises de positions racistes – entre autres). Et l’Académie française, qui se porte « garante de l’avenir [..] lance un cri d’alarme : devant cette aberration ‘inclusive’ […] la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures. » (Arrête de rire s’il-te-plaît, et reprend ton souffle pour la suite.) (Mais si tu veux quand même te bidonner un peu, on t’invite à lire le rapport de l’Académie française sur la catastrophe planétaire que représenterait l’adoption de l’écriture inclusive.)

Quoiqu’en dise l’Académie française, c’est le peuple qui fait la langue et les différents argots et parlers dont elle s’enrichit sans cesse ne sauraient être codifiés par une institution supérieure. (On ne remet pas ici en cause la nécessité de réglementer la langue de manière générale.)

Dans l’introduction de son livre Le deuxième sexe, Simone de Beauvoir nous explique comment, par la définition du masculin comme Absolu, le féminin est relégué à la position de l’Autre. C’est exactement ce que l’on observe dans la langue française où le masculin est posé comme neutre. Or, incroyable mais vrai, le masculin n’est pas neutre. La fameuse règle grammaticale « le masculin l’emporte sur le féminin » n’est pas une expression dénuée de sens profond mais bien l’illustration concrète d’un système global de pensée.

Nous allons donc, à travers l’analyse et la déconstruction du soi-disant raisonnement de notre très cher ami censeur (qui présente des arguments communs chez les opposant-e-s à l’écriture inclusive), vous montrer en quoi l’écriture inclusive est nécessaire, du moins pour l’instant, à l’émancipation des femmes et que derrière la lutte contre son adoption se cache un attachement à la domination masculine.

(On ne joindra pas ici le lien de l’article, mais tu nous remercieras plus tard.)

L’auteur de l’article commence par nous accorder, avec la bonne volonté qui, soyons-en sûr-e-s, le caractérise, que « féminiser » (Ce n’est pas nous qui mettons les guillemets) la langue est un combat honorable – il emploiera la suite de son article à nous démontrer en quoi la féminisation de la langue n’est pas un combat honorable.

Après nous avoir écrit qu’il s’agissait d’un projet absurde, il note que cette lutte participe à « l’augmentation du ras-le-bol intégral envers les féministes » – le gars ne mâche pas ses mots. Ben oui, ce sont les féministes qui créent l’antiféminisme, tu ne l’as quand même pas oublié ? Tu ne vas pas me dire que tu croyais que c’était un effet du patriarcat qui, à chaque tentative des femmes de se libérer de son joug, ne tarde pas à leur renvoyer le bâton dans la tête ? Ce même féminisme dont les partisan-e-s, nous explique le rédacteur de ce merveilleux texte, voudraient « la destruction du français comme langue universelle ». En dehors du fait que cette phrase ne veut strictement rien dire, notre cher ami censeur, plutôt que de se targuer de l’universalité du français, ferait mieux de se souvenir dans quel contexte il s’est imposé comme « langue universelle »…

Suite à cette remarque d’une grande pertinence, notre cher L. (c’est ainsi qu’il signe) nous expose la pensée suivante: « Aujourd’hui la femme [à prononcer « la fâme », selon l’Académie française] se sent attaquée parce que ‘le masculin l’emporte sur le féminin' », nous suggérant ainsi que la féminisation des mots et l’écriture inclusive sont une lubie des féministes d’aujourd’hui, des fameuses Social Justice Warriors (SJW) qui sévissent en ligne.

Il serait bon qu’il se souvienne, ou qu’il apprenne, que la langue française n’a pas toujours été dictée par ces règles oppressives. C’est en effet au XVIIIème siècle que l’emploi du féminin a largement été réduit dans la langue française. Auparavant, des expressions telles que « philosophesse », « apprentisse » ou « doctoresse » étaient employées. De quoi faire dresser les cheveux de nos académicien-ne-s ! C’est également au XVIIIème siècle qu’a été officiellement abandonnée la règle de l’accord de proximité. (Réac’ quand ça t’arrange, pas vrai ?)

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BD de Joy: https://www.facebook.com/joylilworld/

L’auteur de l’article qui a motivé le nôtre s’étonne également que les défenseuses et défenseurs de l’écriture épicène (non genrée) revendiquent la féminisation des métiers lorsqu’il s’agit de doctoresses ou d’autrices, mais pas lorsqu’il s’agit d’éboueuses, de chauffeuses ou de plombières, qui « ne mériteraient pas qu’une femme y mette les pieds ». En faisant ainsi passer les féministes pour des princesses bourgeoises (plutôt écolos, les antiféministes, à toujours recycler leurs « arguments »), il affiche son mépris de classe (qu’il prétend dénoncer) et invisibilise les expériences de femmes appartenant à ces corps de métiers. Parce que ce qu’il nous écrit là est totalement faux. Le projet d’une écriture inclusive concerne absolument tous les aspects de la langue. Il nous dit aussi, à propos des métiers de docteurs, auteurs et médecins que « les femmes peuvent elles aussi réussir dans ces domaines ». (Le mec se serait renseigné ne serait-ce que deux minutes sur les inégalités dans le monde du travail, qu’il aurait compris que sa phrase méritait d’être précisée.)

Il explique aussi que si une étudiante échoue à l’université ou qu’un homme bat sa femme (on notera la délicatesse et la pertinence du rapprochement entre les deux), ce n’est pas à cause de la grammaire française. On a une bonne nouvelle pour toi mon pote : personne n’a jamais prétendu ça. Et si tu pouvais éviter d’expliquer qu’un homme qui bat sa femme c’est parce qu’il est « mentalement malade », on t’en serait tou-te-s reconnaissant-e-s (les malades mentales et mentaux et les femmes en particulier).

On approche de la fin de l’article quand l’auteur nous conseille de prioriser la lutte contre les violences faites aux femmes (les vraies violences, tu vois, pas les violences symboliques comme « le masculin l’emporte »), les inégalités salariales (ah, on a fini par lui dire que le travail était un secteur inégalitaire ?) ou les harcèlements sexuels. Oui, je sais que tu t’y attendais ; qu’il finisse son article en expliquant aux femmes comment combattre la domination masculine qu’il défend tout au long de son article. Mais tu finis par avoir l’habitude, pas vrai ? Tu sais que l’écriture inclusive, c’est comme la « taxe rose », c’est comme le harcèlement de rue, c’est comme le prix des tampons ou le congé menstruel, ça passe après. C’est futile tout ça.

Tiens-toi le pour dit: « Si […] le premier ministre Edouard Philippe a banni l’écriture inclusive des textes officiels […] [c’est pour] protéger l’image de la France et sa culture. » La France, donc, ne peut pas se permettre de « féminiser » sa langue, cela risquerait de lui faire perdre la face à l’international…

Qu’il le veuille ou non, la culture et la langue sont amenées à évoluer et son rejet de l’écriture inclusive s’inscrit largement dans le chauvinisme dont il fait preuve tout au long de l’article.

Mais si cet article semblait intéressant pour nourrir le nôtre (et pas pour son contenu, tu l’auras compris), c’est parce qu’il illustre bien que, derrière cette défense du « patrimoine linguistique », c’est bien le maintien d’un ordre patriarcal qui se joue, consciemment ou non.

La partie immergée de l’iceberg offre de solides bases au patriarcat, et il importe de le combattre partout où il se trouve.

On terminera en disant qu’en dehors d’une prise de position que l’on juge nécessaire, cet article est là pour dénoncer le fait que notre réponse à l’article initial a été supprimée. Parce qu’on aurait très bien pu choisir de se taire, ce qui nous a été explicitement intimé. Parce que ce qui se joue là, ce n’est pas notre égo, c’est le fait qu’en tant que femmes on nous invisibilise doublement : dans la langue et par la « censure » de nos idées (particulièrement lorsqu’elles vont dans le sens de notre libération), que ce soit comme ici par un effacement pur et simple, par la violence verbale ou juste parce que l’on a intégré qu’il fallait nous taire.

Alors si toi aussi t’es plutôt « langue de Beauvoir » que « langue de Molière », n’hésite pas à nous dire ce que tu as pensé de tout ça et n’oublie jamais que ta parole est importante.

(Et pour celles et ceux qui trouvent que l’écriture inclusive, c’est pas le top de l’esthétique, on vous invite à lire les livres de la maison d’édition Cambourakis qui sont édités avec des formes variées d’écriture inclusive; on s’y fait très rapidement.)

We send you feminist vibes,

A. et E. (merci à Joy pour la libre utilisation de son dessin, à S., A., C., M. et E. pour la relecture)